Page 1674 - dictionnaire westphal
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COMPASSION
    Comme la bonté, la compassion de Dieu tient une bien plus grandeplace dans l'A.T.
     que dans le N.T. car, dans celui-ci, c'est l'amourqui est toujours au premier plan et

      tout  le  reste  lui  estsubordonné. (voir  De  30:3,2Sa 24:14,Ps 79:8 103:13,14
     116:5119:77,156,Esa  54:8,Jer 12:15,La 3:22,Da 9:18,Os 14:3,Ro 12:1,Jas5:11) La-
    compassion de Dieu est sa bonté qui s'émeut à la vue de lasouffrance et de l'angoisse

      des hommes.  Dieu  sait  de  quoi  nous sommesfaits.  Il  connaît notre  faiblesse,  II
     compatit à nos douleurs. Cetterévélation de la compassion divine dans l'A.T. marque
     une très grandedifférence entre la religion d'Israël et celle des autres peuples,car c'est
     déjà un Dieu très près des hommes que nous trouvons ici etnon un Dieu qui reste
     insensible et sourd à leurs cris de détresse.La certitude de cette compassion donne au

      fidèle  un sentiment  deconfiance et  de  sécurité:  il  n'est pas seul,  perdu dans sa
     douleur;Dieu le  comprend et  se tient  près de lui  pour l'aider et le  consoler. La
     compassion est aussi un sentiment éprouvé par l'homme enprésence de la souffrance

     de son semblable. Littéralement, compatir,c'est souffrir avec quelqu'un. A vrai dire, il
      n'est pas possible  departager  la  souffrance des autres,  à moins d'être atteint  par le
      mêmecoup. Compatir,  c'est  donc plus  exactement:  souffrir  de  voirsouffrir.  La
     compassion est bien une souffrance réelle,  mais produitepar contre-coup, par une
     sorte d'ébranlement intérieur ou derésonance profonde. «La voyant pleurer et voyant

     pleurer les Juifsqui l'accompagnaient, Jésus frémit en lui-même et fut tout ému»(Jn
     11:38, cf. Mt 9:38 20:34,Lu 10:33). Il faut se garderde confondre, sur le plan humain,
     la compassion avec la pitié;  carcelle-ci  implique trop souvent un sentiment de

      supériorité  ou decondescendance de  la  part  de  celui  qui  la  ressent,  une
     certainehumiliation pour celui qui en est l'objet. Elle marque ainsi unedistance, un
     intervalle. Ce qui le montre bien, c'est qu'il ne nousest pas agréable d'être un objet de
     pitié pour les autres. Nous nedevons donc pas faire à autrui l'injure d'une pitié dont
     nous nevoulons pas pour nous-mêmes. La pitié ne peut vraiment venir que de Dieu,

     précisément à causede l'intervalle,  de l'abîme qui existe  entre sa grandeur et
     notrepetitesse, entre sa perfection et notre misère. En Lui, compassion etpitié sont une
      seule  et  même  réalité  et  c'est aussi  bien à l'une qu'àl'autre que nous faisons  appel
     lorsque nous nous écrions: «Seigneur,aie pitié de nous!» Le «Kyrie eleison» (voir art.) est

      le  vrai  cri  dedétresse  de  l'âme  humaine qui  cherche  son refuge  dans la
     compassioninfinie de Dieu. Alb. D. Voir Amour, Bonté, Miséricorde.
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