Page 1363 - dictionnaire westphal
P. 1363

CANON DE L'A.T.
    Quand nous parlons de  Canon  et de  Canonicité,  nous  employonsdes  termes qui,
     jusqu'au IV e siècle  de l'ère chrétienne, n'avaientpas reçu le  sens que nous leur

      attribuons  aujourd'hui. «Canon»  est  unmot grec,  signifiant  baguette  ou règle  de
     charpentier,  et  qui, parextension, a pris le  sens général  de «règle»;  par ex.,  dans
     Ga6:16: «Paix sur tous ceux qui suivront cette règle» (grec canon). Finalement, ce mot a

     désigné une liste ou un catalogue delivres représentant cette règle et que l'autorité a
     déclaré être lasainte Écriture. Toutefois, bien que les mots canon et canonicitén'aient
      été  pris  dans leur  sens  moderne qu'à une époque récente,  lachose  existait  depuis
     longtemps. Quatre siècles environ avant J.-C,la  Thora (loi du Pentateuque) était
     reconnue, mais d'une façon quenous ne pouvons appeler canonique, pour cette seule

     raison qu'il yaurait là un anachronisme. Deux siècles avant J.-C, les prophètesavaient
     obtenu semblable «reconnaissance»; tous les livres de l'A.T.étaient probablement
     composés un siècle  avant l'ère chrétienne, et laplupart,  sinon la  totalité,  sont déjà

     reconnus dans le N.T. commeÉcriture sainte. Lorsque nous entreprenons l'histoire du
     canon de l'AncienTestament, il existe extrêmement peu de témoignages extérieurs
     dignesde foi pour nous guider. Tous les passages qui jettent quelquelumière sur le
     problème peuvent être imprimés en six ou sept pages.C'est pourquoi nous  sommes
      ramenés à  l'A.T.  lui-même  et  à  quelquesallusions éparses,  encore que significatives,

     qui se rencontrent dansdes sources hébraïques ou grecques. Il nous faudra
     commencer par la Bible hébraïque et non par laBible française; car l'ordonnance de
     cette dernière est inspirée parcelle de la Vulgate, qui elle-même avait subi l'influence

     de laversion  grecque connue sous le  nom des Septante (LXX),  dans laquellecertains
     faits de haute importance sont déjà altérés. Par exemple,les livres de l'A.T. hébraïque
     sont divisés en trois parties,dénommées: «la Loi, les Prophètes et les Écrits». La Bible
     françaiseignore  cette  division;  en outre,  les  noms et  l'ordre de ses livres  nesont pas
     ceux de la  Bible  hébraïque,  mais  ceux de la  Version  des LXX:les prophètes, par

     exemple, sont relégués à la fin, tandis que Ruthapparaît après les Juges, les
     Lamentations après Jérémie, alors que,dans la Bible hébraïque, ces deux livres font
     partie  de la  dernièresection,  les  «Écrits».  Dans l'ordre grec,  suivi  par les
     versionsmodernes, la critique  a déjà été à l'oeuvre, en arrangeant librementles

     matériaux, surtout d'après les sujets, ce que la table de Segondou de la Vers. Syn, met
     en évidence: «les  livres  historiques,  leslivres  poétiques, les prophètes». Mais cette
     disposition voile  lefait,  suggéré par l'ordre hébraïque, que certains livres,  comme
     lesChroniques, furent écrits plus tard que d'autres, tels que les Rois,avec lesquels ils

     voisinent, et ont été introduits dans le Canonpostérieurement à ceux-ci. La division de
     la  Bible  hébraïque en trois  parties  a étéexpliquée de diverses manières:  une
     explication,  par exemple, est  queces trois  parties  impliquent  différents  degrés
     d'inspiration,  laThora étant regardée comme inspirée au plus haut degré et  les

     Écritsau moindre; mais l'explication véritable est probablement celle-ci,que  les
   1358   1359   1360   1361   1362   1363   1364   1365   1366   1367   1368