Page 1788 - dictionnaire westphal
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CRÉTOIS
    Des visiteurs de Crète  à Jérusalem sont mentionnés parmi les nombreuxhommes
     pieux, Juifs ou prosélytes, venus pour la Pente côte israéliteet qui furent témoins de la

     Pentecôte chrétienne (Ac 2:11);peut-être furent-ils  à l'origine des Églises de leur île,
     que Tidevait plus tard diriger (voir Crète). Le jugement de saint Paul sur les vices des
     habitants(Tit 1:12) concorde avec les témoignages des auteurs grecs. D'aprèslesquels

     «crétiser» était mentir; on déclarait aussi les Crétoisavares et sensuels. Il faut d'ailleurs
     tenir compte, pour la portéede ces critiques, des rivalités de pays: en fait de véracité,
     lesGrecs n'avaient guère meilleure  réputation. Mais  la  citation  faitepar  l'apôtre
     reproduit un vers d'un poète crétois lui-même, «leurpropre prophète», dit saint Paul en
     leur empruntant leur langage: ils'agit du philosophe Épiménide (VI e siècle av. J.-C),

     auteur d'un Traité des Oracles, et dont la renommée plutôt légendaire étaitcelle d'un
     devin, et même d'un «homme divin», comme l'appelle Platon.C'est précisément sur le
     début de ce vers, reproduit aussi par lepoète alexandrin Callimaque (III e siècle av. J.-

    C),  que repose lefameux  exemple de cercle  vicieux par raisonnement faux:
      «Épiménidedit  que les  Crétois  sont menteurs;  or  il  est  Crétois,  donc il  estmenteur;
     donc il ment, et les Crétois ne sont pas menteurs; donc ilne ment pas, et les Crétois
     sont menteurs; etc.» Jn L.
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