Page 1791 - dictionnaire westphal
P. 1791
CRIMES, DÉLITS ET PEINES
Ayant à donner ici une idée générale de la législation israélite enmatière pénale, nous
nous bornerons à rappeler les principales règlescodifiées au cours des âges dans les
divers recueils juridiquescontenus dans la Bible: 1° Code de l'Alliance (Ex 20:22-
23:19),incorporé dans le récit E, dont les prescriptions reflètent un étatde choses plus
primitif que le code babylonien de Hammourabi(vers 1950 av. J.-C); 2° Code
Deutéronomique (De 12-28), désignépar D, qui caractérise la réforme de Josias (621);
3° Code de Sainteté (Le 17 à Le 26), désignépar S, contemporain d'Ézéchiel (vers 585);
4° Code Sacerdotal, rédigé entre 573 et 444 etintercalé dans les récits du Pentateuque;
c'est le document P. Chacunde ces codes ne visait pas à donner un ensemble complet
et cohérent;leurs prescriptions, surtout chez les plus anciens, se présententavec
l'autorité d'oracles de l'Éternel tendant à modifier sur tel outel point le vieux droit
coutumier et les pratiques locales. Il y aeu formation progressive et évolution de la
législation hébraïque,qui se trouve juxtaposée ou mélangée dans l'A.T. actuel; ce
quiexplique la présence, dans les récits les plus anciens, d'infractionscondamnées par
des lois plus tardives. Une étude historique du sujetexigerait donc la distinction des
codes de diverses époques, et dontcertains, par surcroît, ont pu rester à bien des
égards simplementthéoriques;voir Justice rendue.Crimes contre Dieu Une
malédiction d'ordre général est attachée à l'inobservation deslois données par Dieu (De
28:15), mais des pénalitésparticulières sont édictées pour certains cas précis. Le
peupled'Israël est au sens exclusif le peuple de Dieu en vertu del'Alliance; la fidélité est
pour lui un devoir absolu: tout ce quiconstitue un abandon de l'Éternel doit être
sévèrement réprimé. Le culte des divinités étrangères est puni de mort dans Ex22:20 et
dans Le 20:1 et suivants, où il est spécialementquestion des sacrifices d'enfants à
Moloch; deux peines sontmentionnées: le châtiment divin (v.3) et la lapidation (verset
2).Celui qui pousse le peuple à servir d'autres dieux «se révolte contrel'Éternel» et doit
être puni de mort (De 13:5); ici intervientmême la notion de crime collectif entraînant
un châtiment général quiva jusqu'à la destruction totale des personnes, des animaux
et desbiens (De 13:12-16). L' adoration des astres est interditeau peuple d'Israël (De
4:19 et suivant); qui s'en rend coupabledoit être lapidé (De 17:4 et suivant). L'idolâtrie
estcondamnée dans Ex 20:4 et suivant, De 4:15-18,23sans indication de pénalités,
peut-être parce qu'elle seconfondait pratiquement avec le culte des divinités
étrangères. Ceuxqui se livrent à la magie, à la sorcellerie ou à l'évocation des esprits,
sont punis de mort (Ex 22:18,Le 20:27, et ceux qui y recourent tombent sous le coup
des châtimentsdivins (Le 20:6). La peine de mort par lapidation est aussiappliquée au
blasphème .(Le 24:13-16) L' usurpation del'autorité divine par un faux prophète est
aussi punie demort (De 18:20). Dans la législation sacerdotale (S et P), lanon-
observation des rites caractéristiques du peuple de Dieuconstitue souvent un crime
passible de la peine suprême: ainsi la violation du sabbat, qu'on le considère comme
un jour consacré àl'Éternel (Ex 35:2) ou comme le signe de l'Alliance (Ex31:16); un

