Page 1784 - dictionnaire westphal
P. 1784

CREDO
    (=je  crois).  Affirmation  de la  foi  personnelle (Jn 9:38),énoncé de ce qui constitue les
     éléments essentiels de cettefoi (Jn 11:27). Premier mot de la confession de foi latine

     dite«symbole des apôtres»; d'où ce symbole lui-même (réciter le credo). Par extension,
     expression des croyances d'une  Église,officiellement affirmées  sous une forme
     systématique; ainsi on dira:le credo de Nicée. Ce besoin d'affirmer ainsi sa foi en une

     formule précise existaitdéjà chez les Juifs; tout Israélite pieux devait, en effet, réciter
     àheures fixes' le chema, formule composée des 19 versets suiv.:De 6:4,9 11:13-21,No
     15:37-41, et dont le premier mot était chema =écoute. On peut résumer le chema en
     cetteaffirmation:  «L'Éternel notre Dieu est le seul Dieu». (cf.  Mr12:29) A la forme
     autoritaire de cette formule imposée: Écoute, le christianisme va substituer l'adhésion

     libre et volontaire dufidèle: Je crois. Déjà, dans les évangiles, Jésus exige parfoisdes
     disciples, des malades qu'il guérit une déclaration defoi (Jn 9:35). Il leur demande de
     croire en sa mission (Jn9:35), en sa puissance (Mt 9:28), en sa personne (Jn17:8); il

     tressaille de joie en entendant Pierre formuler le premiercredo, germe de l'Église future
     (Mt 16:16). Dans le livre des Acet les ép., nombreuses ébauches de credo à relever: Ac
     2:38 8:3716:31 Ro 10:9 s 1Co 8:6,Eph 4:4-6,1Ti 3:16 6:12,1Jn 4:2, etc.Dans tous ces
     exemples l'affirmation de la foi apparaît libre etspontanée; c'est l'expression d'une
     conviction née d'une expériencepersonnelle, c'est le rayonnement d'une foi vivante et

     non l'adhésionà une formule imposée. L'époque de la rédaction des premiers symboles
     officiels  demeurepour  nous  incertaine. A l'origine, probablement, le catéchumène
     étaitinvité à formuler lui-même sa foi, à faire connaître son credo; maisbientôt, pour

     défendre la pureté de la doctrine contre le pullulementdes hérésies d'origine juive ou
      païenne, l'Église  fut  amenée àdéfinir  elle-même  sa foi  en des formules  soumises  à
     l'adhésion detous les nouveaux  membres, formules abstraites qui devaient
     ensuitefournir à la subtilité des théologiens ample matière à discussions età querelles
     tout en entravant le libre épanouissement de la penséereligieuse, en enchaînant

     l'esprit à la lettre. Il serait toutefois fort injuste de méconnaître l'utilité et lanécessité
     d'un credo tant pour la foi de l'individu que pour celle del'Église. Le fait d'affirmer ainsi
     sa foi  nous apparaît fortavantageux à un triple  point de vue.  1° Cette affirmation
     amène le croyant à préciser, àdéfinir,  à «penser» sa foi  et lui fait  éviter  le péril

     d'unmysticisme vague et nébuleux.  2°  Tout credo  marque,  par  antithèse,  ce  qui
      distinguenotre  foi  de celle  d'autres croyants,  facilitant ainsi  lacomparaison,  la
     discussion, la saine critique et le libre examen. 3° Tout credo enfin est un témoignage
     à ce qui estpour nous la vérité, il manifeste au monde d'une façon objective quelest le

     fondement de notre foi  et de notre espérance, il  devient ainsiun programme, un
     drapeau, un centre de ralliement. P. B.-M.
   1779   1780   1781   1782   1783   1784   1785   1786   1787   1788   1789