Page 1780 - dictionnaire westphal
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nous l'avons vu, lie la 3 eparole aux 2 premières (établissement du cadre) et la 4 e à la
5 e(établissement des conditions de vie). De même la 7 e est liée à la 6e (êtres vivants
produits par la terre) et ne va pas de pair avec la8 e, laquelle introduit l'homme en le
distinguant nettement comme unecréation - spéciale, unique en son genre. Ainsi,
l'ordre réel, lelien organique sont détruits par le cadre factice des 6 jours. Remarquons
encore que Ge 2:4 b dit: «le jour où (hébreu beyôni; LXX hê [i] hêmérâ [i]; Vulg, in die
quo) Dieu fitune terre et des cieux». Cette formule ne cadre en aucune façon avecle
travail en 6 jours, tandis qu'elle s'accorde parfaitement avecl'idée primitive: Dieu, pour
créer une terre et des cieux, n'eut qu'àparler. Traduire ici beyôm par «lorsque», c'est
éluder ladifficulté par souci d'harmonisation. Reste la question du repos de Dieu. Ge
2:1 a est uneconclusion; Ge 2:1 b introduisant le sabbat rouvre un récitterminé. Les
LXX ont été embarrassés par ce conflit dans les termeset s'en sont tirés en changeant
le texte. Il vaut mieux reconnaîtreque la préoccupation du repos n'est pas entrée dans
le récitprimitif, lequel ayant conçu la création sans y faire entrer desjournées de
travail, n'avait pas non plus à appeler en cause l'idéedu repos, corrélative à l'idée de
fatigue. L'institution du sabbatexistait très anciennement chez les Babyloniens sous le
nom de«sabbattu» (voir Sabbat). Un jour sur sept était consacré à ladivinité, mais la
raison d'être de ce jour n'était pas le repos decette divinité elle-même; c'était «le jour de
l'apaisement du coeur».L'idée du repos de Jéhovah ne se retrouve pas non plus dans
lestextes primitifs de la littérature hébraïque, ni chez les prophètesoù l'activité de
Jéhovah s'exerçant «à bras étendu» est présentéecomme une action continue; (cf. Esa
40:28) le Ps 104, quiexalte les oeuvres merveilleuses de la création, ne les arrête
pasaux 6 jours, mais présente toute apparition de la vie comme la suiteininterrompue
de l'activité créatrice qui «renouvelle sans cesse laface de la terre» (verset 29 et suivant,
Esa 41:18-20). «MonPère, dira un jour Jésus, agit continuellement» (Jn 5:17). Lanotion
du repos de Dieu motivant le sabbat est aussi étrangère àIsraël que la notion des fêtes
sabbatiques ou jubilaires, dont on neretrouve aucune trace dans les annales
hébraïques avant l'exil, maisqui font partie du même système que celui de la création
établie dansle cadre de la semaine. Ce sont là les travaux postérieurs d'unethéologie
sacerdotale plutôt juive qu'hébraïque. Le Décalogueprimitif donné par Moïse (voir
Décalogue) et dont nous avons deuxversions avec commentaires (Ex 20,De 5) instituait
le «Sabbatpour Jéhovah» et non «de Jéhovah». Le commentaire d' Ex 20rattache le
repos du 7 e jour au texte de Ge 2:2 et suivant.Mais le commentaire de De 5, inspiré
très directement par lestemps mosaïques, lui donne pour motif qu'Israël a été esclave
au paysd'Egypte, et doit par conséquent avoir pitié des esclaves, leurdonner un jour de
relâche par semaine, et accorder le même repos àtoute bête de somme, afin que la
nature entière, dont l'homme n'estque l'usufruitier, soit replacée tous les 7 jours dans
la dépendancedirecte du Créateur. L'idée que Dieu est le maître de tout et que,devant
lui, l'homme doit abdiquer, est essentiellement dans lemouvement de la prédication
prophétique. Par contre, peut-ons'imaginer que si l'auteur du Deutéronome avait eu
sous les yeux undécalogue de Moïse motivant le sabbat de la créature par le sabbat
duCréateur, il se serait permis d'en effacer le repos de Dieu? Parmitoutes les raisons
qui militent contre l'antiquité du cadre de lasemaine appliqué au récit de la création, le
décalogue de De 5est une de celles qui doivent le plus retenir notre attention. Que l'on

