Page 1746 - dictionnaire westphal
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voir les diagrammes de Jensen(Babyl.) et de Owen E. Whitehouse (Hébr.). Le monde

     était dans les deux cas conçu sous la forme d'undisque (Esa 40:22,Job 22:14,Pr 8:27).
      En haut,  la  voûte  descieux  (à  demeures superposées: sept  cieux.  D'après  la
      littératurejuive,  le  troisième  considéré  postérieurement  comme  le  séjour
     desbienheureux, d'où l'affirmation de Paul dans 2Co 12:2);au-dessus: les eaux de la
     mer supérieure, retenues par la voûtesolide et qui descendent en pluie par les écluses

     célestes (Ge7:11);  dans la partie médiane, la croûte terrestre  reposant sur leseaux
     ténébreuses de l'abîme, Tehôm, qui constituent la partieinférieure du monde et d'où
     les sources (tehômôt), alimentant lesmers visibles, montent par des fentes jusqu'à la

     surface de laterre (Ge 7:11). A l'intérieur du cercle, entre le ciel et laterre, sont
     disposés le soleil, la lune et les étoiles dont le coursest fixé pour éclairer la terre et la
     voûte du ciel. La terre, dontla surface plate est accidentée de montagnes, est conçue
     comme lecentre du monde, la voûte du ciel  repose sur les sommets (Job26:11:
     «colonnes des cieux») qui bordent  le grand  abîme  (Tehômrabbah),  en sorte  que la

     lumière reste en dedans et qu'en dehors iln'y a que ténèbres. Ténébreuse est aussi la
      caverne  à  l'intérieur  dela  terre,  le  Cheôl  (voir  ce mot),  où descendent lesmorts  (Esa
     14:9,Job 10:21 etc.). Voici une représentation schématique de ces antiques croyances:
           Les eaux supérieures Les cieux Les étoiles Montagnes Terre et Mers inférieures
           Cheol Hadès Les Enfers Les eaux inférieures Tehom Le grand Abîme

    Il ne faudrait pas conclure de tout ceci que la cosmogonie hébraïqueréduise le monde à
     un système rigide et mécanique. Les traits quinous permettent de nous en faire une
     représentation sont tous éparset renfermés dans des livres poétiques et
     apocalyptiques: tout n'yconcorde pas, et nulle part ils ne sont systématisés. Les
     prendrerigoureusement à la lettre serait égarer l'apologétique et faire tortà la pensée
     hébraïque, qui nous rappelle en de nombreux passages quel'oeuvre de Jéhovah et la
     compréhension de son univers dépassentinfiniment l'intelligence humaine (Esa 40:12
     s Jer 31:37 Job26:14 36:22-30 37:14-24 Job 38). De tout ce qui précède il ressort: 1°
     que les conceptions de Ge 1-2:4 et suivant nesont pas celles de l'astronomie, de la
     géologie et de lapaléontologie actuelles; l'auteur de ce récit n'a, d'ailleurs,
     nulleintention de nous instruire de faits scientifiques, sa préoccupationétant toute
     tournée vers l'exposition et la proclamation de véritésreligieuses qu'il a conscience de
     nous révéler de la part de Dieu; 2° que le fond primitif de l'enseignementcosmogonique
     de la Genèse, sur l'origine duquel nous ne sommes pas àmême de nous prononcer, se
     retrouve au moins partiellement dans lesformes diverses de la cosmogonie
     babylonienne, voire de la cosmogoniede l'ensemble des peuples au milieu desquels la
     Bible place leberceau de la civilisation et les débuts de l'humanité; 3° que la
     comparaison des deux types de cosmogoniesemble établir que le fond qui leur est

     commun a été altéré etdénaturé par le polythéisme grossier des mythes
     sumériens,babyloniens et autres, lesquels sont des représentations verbeuses
     etfantastiques d'un monde où tout est matérialisé, où les dieuxprimitifs sont enfantés
     par le chaos et où le dieu créateur de notremonde ne doit sa suprématie dans le ciel
     qu'à son habile politique età sa victoire retentissante sur Tiamat et ses complices, les
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