Page 1734 - dictionnaire westphal
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CORNE
    (hébreu qérèn). Mot quelques fois pris au sens pr., quand ils'agit de différentes bêtes
     cornues (Ge 22:13,Ex 21:36). La corne servait à divers usages: comme trompe sonore,

    (Jos 6:5) comme fiole d'huile (1Sa 16:1,1Ro 1:39) ou de fard (voirce mot, et Kéren-
    Happuc); mais la Bible n'a rien d'analogue au mythede la «corne d'abondance». On  a
      trouvé  en  Palestine,  non seulement  des  cornes  qui  servaientde  fioles  (fig.  56),  mais

     aussi de très vieilles haches en corneprobablement destinées aux creusements dans
     les carrières calcaires(Macalister, Gezer, I, 125; II, 243). Pour l'Oriental, la corne était
     surtout une  arme redoutable,comme celle du taureau  (De 33:17); elle est
     ordinairementl'emblème de la force victorieuse, par violence ou par courage, soitdes
     ennemis d'Israël (Eze 34:21,Za  1:18  et suivants,  Ps22:22), soit  d'Israël  lui-même  (Mic

     4:13); un prophètenationaliste montrait des cornes de fer de sa fabrication,
     pourannoncer la victoire sur les Syriens, mais le prophète Michée luioppose la vision
     d'Israël faible troupeau de brebisdispersées (1Ro 22:11,17).  Les apocalypses

     représentent, par les cornes, des puissances etdes chefs conquérants (Da 7:8, pass.,
      Ap  12:3  13:1,etc.).  Nos  trad.  doivent  remplacer  la  «corne»  de  l'original  par
     desexpressions plus intelligibles en franc.: force (Ps 92:11,Jer48:25 etc.), vigueur (No
     23:23), pouvoir (1Ma2:48), puissance, qui est élevée, exaltée (1Sa 2:10,La 2:17,Sir
     47:5,11) ou au contraire brisée (Ps 75:10,La 2:3), releverle front (1Sa 2:1) ou le souiller

     dans la poussière (Job16:15), lever la tête (Ps 112:9), ce qui peut être une
      attitudearrogante  (Ps  75:5).  C'est  enfin  une promesse  messianique  (Ps  132:17,Eze
     29:21),dont le prêtre Zacharie chante l'exaucement: «Dieu nous a suscité unecorne de

     salut», c-à-d. «un puissant Sauveur» (Lu 1:69, cf.Ps 18:2). La forme des cornes a fait
      donner  ce  nom  à  certaines  collinespointues  (Esa  5:1,  Vers.  Syn.:  coteau);  le  mont
     présumé desBéatitudes s'appelle aujourd'hui Karn ou. Kouroun-Hattîn =lesdeux cornes
     de Hattîn.  La représentation traditionnelle,  dans l'art,de  Moïse  avec des cornes
     (Michel-Ange, etc.) provient de la Vulgate,qui dans les versets 29,30,35 d' Ex 34 a pris

     le verbe hébreu(qui ne se trouve que là) qâran =rayonner, lancer des rayons, ausens
     littéral de qérèn =corne, et a traduit: «son visage portaitdes cornes».Pour les «cornes de
     l'autel»,voir Autel.
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