Page 1718 - dictionnaire westphal
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CORINTHE
    Était,  au temps de Paul, la  plus prospère des cités  grecques (7  a800.000 hab., dont
     400.000 esclaves, d'après Athénée, au III e siècleap. J.-C); la capitale de la province

      romaine  d'Achaïe, quicomprenait  Athènes,  largement  dépassée; l'une des  grandes
      métropolesdu  monde.  Ce  n'est plus  aujourd'hui qu'un village  étendu sur  lagrève,  à
     l'ombre d'une terrasse aride, parsemée de décombres; un blocde rocher la surplombe

      comme  un casque au cimier  brisé.  Sur cetterive  du golfe  de Corinthe  s'étendait
     autrefois largement le portoccidental: Léchée; sur ce plateau désert se pressaient les
      maisonset  les  somptueux monuments de la  cité  du luxe et  du plaisir;  sur lecasque
     rocheux se dressait la puissante citadelle  de l'Acrocorinthe;le cimier,  alors haut et
      brillant,  était  un temple  de  marbre,  l'undes plus magnifiques  et  des plus

     honteusement réputés parmi lessanctuaires d'Aphrodite. A l'extrémité méridionale de
     l'isthme de Corinthe, haute falaiserocheuse, large de 10 km., et maintenant coupée,
     comme au tranchet,par un étroit  canal aux énormes murs à pic, la cité s'ouvrait

     surdeux mers, d'où l'épithète de bimaris (Horace, Odes,  I,  7:2).Malgré  la  barrière  de
     l'isthme, que les travaux de Périandre (vers600 av. J.-C.) et des Romains n'avaient pas
     réussi à percer, lasituation de Corinthe était magnifique. D'un  côté, à une  dizaine
     dekm., sur un bras de la mer Egée, le port de Cenchrées était dirigévers l'Orient. De
     l'autre, le port de Léchée, au pied de la cité,ouvrait la voie de l'Occident; dans cette

      direction,  la  nappeallongée du golfe  corinthiaque,  épousant les  formes  tourmentées
     deshauts massifs de l'Héli-con, du Parnasse et du Péloponnèse, emportaitles navires
      dans un cadre grandiose,  vers  la  mer  Ionienne et  versl'Italie.  Bénéficiant  de tels

     avantages naturels, Corinthe était appelée àun grand avenir. Sa fondation fabuleuse
     remonte à environ 1.900 ansavant J.-C;  on l'attribue à une princesse argienne,.
     Éphyre, dont lacité porta longtemps le nom (cf. Ovide, Met., II, 240; Virg., Géorg., II,
      464).  La  légende  fait  régner  à  Corinthe  Jason etMédée,  vers  1350. Deux  dynasties,
     celle de Sisyphe et celle desHéraclides, s'y succédèrent, du XIV e au VIII e siècle av. J.-

    C. Ungouvernement aristocratique, dont le chef était nommé Prytane, régitCorinthe de
     777 à 658. Après un retour du despotisme, le gouvernementdémocratique fut institué,
     avec de nouveaux prytanes (584). Sous  cerégime de liberté, Corinthe jouit d'une
      grande  prospérité.  Elle  donnason nom  à  un ordre  d'architecture.  Athènes seule

     pouvait se prévaloird'un nombre aussi grand d'artistes célèbres.  L'industrie
     corinthienneavait découvert un alliage  d'or, d'argent et de cuivre, que lesstatuaires
     préféraient au marbre et même à l'or, et qui était appelé airain de Corinthe. Servie par
     tant d'art et de science, enrichiepar un commerce de plus en plus actif,  la cité  se

     couvrit demerveilles. Cette fastueuse magnificence engendra une corruption quiétonna
     les païens eux-mêmes. Corinthe devint une capitale du plaisir,et  comme la terre
     promise de tous les débauchés. Mais «ne va pas aCorinthe qui veut»: cette expression,
     devenue proverbiale, montre queles plaisirs y étaient chers. Avec ses 1.000 prêtresses

     de VénusPandémos, et ses nombreuses courtisanes, Corinthe eut le tristeavantage de
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