Page 1685 - dictionnaire westphal
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CONNAISSANCE
     Une connaissance de Dieu est possible. C'est là un des postulatsessentiels de la foi
     chrétienne. Un Dieu absolument inconnaissableserait un Dieu complètement étranger

      à la  piété  et  à la  viereligieuse.  Que  les  philosophes aient  pu concevoir un tel  Dieu,
     celane nous étonne pas, car ils se meuvent, en général, dansl'abstraction pure; mais
      les  croyants,  eux,  n'ont que faire  d'unetelle entité;  ce  n'est point  d'idées abstraites

     qu'ils ont besoin,mais de réalités  vivantes et concrètes. Sans doute, nous ne
     pouvonsprétendre connaître Dieu en lui-même,  posséder de Lui uneconnaissance
     totale et adéquate. Il est, pour nous, incompréhensibleen  ce sens qu'il nous  est
     impossible de l'embrasser par la pensée etd'en faire, en quelque sorte, le tour. En face
     du mystère, nous nepouvons  que nous prosterner dans un sentiment d'adoration.

     Mais il faut se garder de confondre inconnaissable etincompréhensible.
     L'inconnaissable est ce qui échappe à touteconnaissance; l'incompréhensible est ce qui
     déborde de toutes partsla connaissance que nous en avons. Nous croyons

     spontanément, dansnos rapports avec Dieu, que ce que nous saisissons de Lui est,
      sansdoute, limité,  mais  correspond à  une réalité  en  Lui.  Nous  postulonsainsi  une
     harmonie cachée et même une certaine ressemblance entreDieu et nous. «Dieu créa
     l'homme à son image» (Ge 1:27). Il vasans dire qu'il faut entendre cette parole dans un
         sens      spirituel       etque       nous       devons,       par      conséquent,          rejeter      tout

      anthropomorphismegrossier  qui  fait  de  Dieu  un être  à  l'image  de l'homme  avec
     seslimitations et ses imperfections. Mais, d'autre part, nous affirmons qu'il existe une
     certainecorrespondance entre la nature de Dieu et notre nature humaine, detelle sorte

     qu'une connaissance de celle-ci doit rendre possible, paranalogie, une connaissance de
     celle-là. Mais si l'homme est apte à posséder une connaissance de Dieu, ilest incapable
     par lui-même de l'acquérir. Sans doute, lacontemplation de l'univers peut lui donner
     une certaine intuition desperfections du Créateur. «Les perfections invisibles de Dieu,
     sonéternelle puissance et sa divinité éclatent aux yeux depuis lacréation du monde,

     pour quiconque sait  regarder ses oeuvres» (Ro1:20);  mais  cette  intuition  est  bien
     précaire, car le Dieu qu'ellelui laisse parfois entrevoir est si loin de lui, caché encore
     partant d'énigmes insolubles! Trouvera-t-il alors dans sa raison cetteconnaissance de
      Dieu  que lui  refuse la  nature?  Mais  encore ici,  que d'obscurités! La pensée, fille  de

      Dieu,  estdéchue de  sa  dignité  première;  non seulement  imparfaite,  mais
     encorefaussée,  pervertie  par le  péché, elle  est  sujette à toutes sortesd'erreurs et
     d'illusions. Si elle peut chercher Dieu, elle estincapable par elle-même de le trouver.
     «Dieu a permis, dans sasagesse, que le monde ne parvînt pas, avec sa propre sagesse,

     à leconnaître» (1Co 1:21, cf. 1Co 2:14). La connaissance que nous avons de Dieu est
     un don du ciel à laterre. Elle dépend, non de notre désir ou de notre effort, mais de
     lalibre initiative de Dieu qui, dans sa souveraineté et dans sa grâceprévenante, a bien
     voulu s'approcher de nous et se révéler à nous.«Ce qu'aucun oeil n'a vu, ce qu'aucune

     oreille n'a entendu, ce quin'est monté au coeur d'aucun homme, ce que Dieu a préparé
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