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grâce donne le pardon (Lu 18:14). La foi du coeurobtient le salut (Lu 7:50). Tout
l'Évangile est là. 2° Ensuite, au moment où Jésus quitte ses disciples,la façon dont il
met en eux son Esprit pour qu'ils puissent continuerson oeuvre et former la société
qui se réclamera de lui, et vivra delui, son Église. Jésus pardonnait les péchés (Mr
2:5,10); ilappelait à lui les âmes tombées et lasses (Mt 11:28); ilexerçait une action
libératrice, chassant les esprits malins,guérissant, sauvant (Lu 19:9 et suivant). Déjà,
envoyant sesdisciples en mission, il leur avait donné le pouvoir deguérir (Mt 10:1).
Jean montre comment, dans la chambre haute, illeur confère celui de pardonner. Par
un acte symbolique, soufflantsur eux, il leur donne son Esprit (Jn 20:23). Et quel
pouvoirleur donne-t-il ainsi? Assurément d'abord celui de discerner, de liredans les
coeurs. Et puis surtout une puissance d'action sur les âmes,pour les aider, les délier
(Mt 16:19 18:18) ou, si elles sontrebelles, les déclarer liées, les lier (voir ce mot). Ce
n'est pas unprivilège restreint aux Douze, ni une charge qui se transmette, c'estle don
spirituel conféré aux hommes de l'Esprit. C'est l'idéal: àchacun d'y tendre. C'est une
réalité offerte; l'esprit deconsécration et de prière est là pour y amener. 3. Tout ceci se
retrouve à l'état de choses vécues chezsaint Paul. Il veut que les fidèles, avant la
communion,s'examinent et reconnaissent leur état devant Dieu (1Co 11:28,2Co13:6);
quant à l'action qu'on exerce, il y a bien le discernement:«l'homme spirituel juge de
toutes choses» (1Co 2:15). Et il y aun pouvoir: lier, c'est l'histoire d'Élymas (Ac 13:11)
et du«Corinthien» (1Co 5:5). Mais ceci est du temps. Délier, c'estl'usage incessant de la
puissance de l'Esprit dans l'apostolat:convertir (2Co 4), guérir, libérer (Ac 16:18
20:10). Ilfaut bien noter que pour l'apôtre l'idée du don, du charisme, est àcôté des
promesses faites à la foi en général; et le charisme estindividuel (1Co 12). Paul se sait
apôtre et se sent l'objetd'une grâce et d'une mission particulières. 4. L'épître aux
Hébreux n'admet pas de pardon pour larechute après la conversion (Heb 10:26-31);
c'est outragerl'Esprit de grâce. Il faut rapprocher ceci du péché contre leSaint-Esprit
(Mt 12:31 et suivant) et de ce que l'épître de Jeandit du péché qui va à la mort (1Jn
5:16); c'était dans l'Église,aux premiers temps, une question débattue que le sort des
âmesconverties et retombées, dans l'idée où l'on était d'une seulepénitence avant le
baptême. 5. L'épître de Jacques, par contre, nous introduitdans ces milieux populaires
de Syrie sans doute, où les chrétiens,prenant avec simplicité les récits et les
promesses de l'Évangile,mettaient en pratique l'intimité chrétienne et l'entr'aide. Voici
unmalade. Il fait venir les anciens. Il a quelque chose à avouer. Lamaladie n'est-elle
pas en rapport avec le péché? Les anciensl'oignent d'huile au nom du Seigneur. C'est
la pratique médicale, etpeut-être un peu plus, unie à la prière. L'homme guérit. Du
même coupil est pardonné. «Confessez-vous donc réciproquement vos fautes.»C'est la
confession mutuelle, familière aux milieux chrétiens bienunis. 6. La 1re épître de Jean
insiste fortement surla nécessité de se reconnaître pécheur; c'est Dieu qui pardonne à
quiconfesse ses fautes, et qui purifie (1Jn 1:9, avec lacontrepartie: «Si nous disons que
nous n'avons point péché...» v.10). C'est le principe énoncé dans toute sa spiritualité.

