Page 1679 - dictionnaire westphal
P. 1679

CONFESSION
    Action de confesser (grec  exomo-logeîn);  ce mot peut être prisdans deux acceptions
      différentes.I  Se  dit  de  ceux  qui  confessent  leur  foi.  Jésus parle  de  ceux qui

     leconfessent ou le renient devant les hommes (Mt 10:32, cf. Ap3:6). Paul parle de la
     confession de la bouche qui exprime la foidu coeur (Ro 10:9 et suivant, cf. Php 2:11).
     L'épître auxHébreux (Heb 13:15) voit dans cette confession un sacrifice delouanges, le

     fruit de nos lèvres. La 1 re ép. à Timothée associe labelle et courageuse profession de
     foi à l'idée du bon combat (1Ti1:18) et voit le martyre à l'horizon (Jésus devant Pilate,
     1Ti6:13); il n'y a plus qu'à étendre la main pour saisir la vieéternelle (1Ti 6:12). Les
      épîtres  johanniques y  voientl'affirmation  générale  de la  foi  (1Jn 2:23),  et  de
      telledoctrine  essentielle  (1Jn 4:2,15 2Jn 1:7).  Rapprocher de cetteconfession  les

     nombreux passages de l'A.T. qui louent Dieu (Ps66:1), lui donnent gloire (Esa 6:6, cf.
     Da 3:28).II Se dit de ceux qui confessent leurs péchés.A. DANS L'A.T. 1. Il n'y a pas à
     en chercher l'origine dans les Psaumesde pénitence de la religion assyro-babylonienne.

      Le sentiment  despéchés commis,  l'aspiration  vers  le  secours de la  divinité,
     sontexprimés de façon très vive;  mais c'est toujours à propos demanquements
     extérieurs, rituels, qui ont entraîné des malheurs et desmaladies. Rien de purement
      moral  et  religieux.  2.  A travers  l'histoire  religieuse  d'Israël  on reconnaîtun véritable
      progrès dans le  sens et  la  valeur  de l'aveu des fautes.A  l'origine,  l'homme a  le

     sentiment très fort de son inférioritédevant  Dieu (poudre et cendre, Ge 18:27; trop
     petit, Ge32:10). Une faute attire un mal sur le pays. La coulpe est physiqueen quelque
      sorte  (Ge  20:9);  mais  la  faute morale  n'est pasressentie (Ge  20:11),  même  quand la

      race  est  sérieuse  et  lacrainte  de  Dieu  présente.  Avec  Moïse,  avec  l'alliance  entre  le
      peupleet  son  Dieu,  l'élément  moral  se  précise  dans les  commandements
     (lesdécalogues, Ex 20,23; les lois qui forment la conscience, No5:7; les rites de
     purification, Le 16:29). Le peuple saitqu'il doit être fidèle à son Dieu: battu, il se sait
     châtié;naïvement il implore la délivrance (Jug 10:13-16). Mais il faut,pour trouver

     l'aveu d'une  vraie faute morale dont on se senteresponsable, descendre jusqu'à  ces
     prophètes qui ont éveillé lesentiment du péché en Israël. (Nathan, 2Sa 12:1) La figure
     deDavid marque une date. Il y a encore dans son histoire ce qu'il y aau temps des

     Juges et de Saül, l'incompréhensible volonté divine, lafaute qu'on ne reconnaît qu'au
     malheur,  le  péché contre Dieu  sansélément moral  (Jug 14:4,1Sa 15:9 24:1-17: acte
     ordonné, péchécontre la coutume, sentiment confus de la faute, angoisse,
     châtiment,noble intercession, tous ces éléments se heurtent). Mais après lalourde
     faute que Nathan lui reproche, l'aveu est franc, complet: lavraie confession apparaît

     (2Sa 12:13). 3. Avec les grands prophètes le sentiment de la souilluremorale devient
     tout autre encore (Esa 6:6-7). On arrive àl'absolu de la conscience (Esa 5:20 1:10-17).
     Après lessouffrances de l'exil,  les  âmes ayant été  labourées, le  sentiment  dela

     responsabilité personnelle grandit (Eze 18). Et l'on arrive àcet admirable Ps 51 où la
     confession a toute la netteté etl'ampleur possibles: faute, état, coulpe, indignité,
   1674   1675   1676   1677   1678   1679   1680   1681   1682   1683   1684