Page 1602 - dictionnaire westphal
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CIEL
Dans la cosmologie des anciens, en particulier chez les Hébreux, laterre était plate,
s'étendant au-dessus du gouffre où descendaientles ombres des morts (voir Hadès), et
recouverte par une voûteimmense. Ce dôme, posé sur des piliers plantés à
l'extrêmehorizon (2Sa 22:8,Pr 8:27-29), était considéré comme solide,d'où le mot
firmament (=ce qui est ferme, solide) qui désigne lavoûte céleste et que nous
employons encore. Le ciel, ainsi conçu,c'est la demeure de Dieu et des anges; c'est là
que vont les justesaprès leur résurrection. Les Hébreux, comme les autres peuples
anciens, croyaient à unepluralité de cieux (De 10:14); la littérature judaïque en
comptesept; le plus élevé, Aravoth, contenait le trône de Dieu. Bienque les descriptions
de ces différents cieux varient souvent, c'estdans le troisième qu'on plaçait en général
le Paradis. C'est jusqu'àcelui-là que saint Paul dit avoir été ravi (2Co 12:2). Ces
cieuxsuperposés étaient regardés comme habités par des êtres surhumains
dedifférentes sortes. Dans la pensée juive tardive, le deuxième cielétait la demeure des
esprits mauvais et des anges déchus attendantleur punition. Le N.T. ne se risque
guère dans ces spéculationshasardeuses, bien qu'il soit question, dans Eph 6:12,
«desesprits méchants dans les lieux célestes». (cf. Eph 2:2) Cette conception d'un ciel
localisé au-dessus d'une terre plateexplique bon nombre d'expressions religieuses
encore courantes, dontnous n'avons retenu que le sens imagé. C'est dans cet esprit
qu'ilfaut également accueillir les innombrables spéculations quiprétendent faire
connaître d'une manière sensible l'existence dansles cieux. Les descriptions du ciel
que donne la Bible ne sont passcientifiques mais symboliques, et ces symboles sont
d'une richessemagnifique pour qui sait y chercher l'esprit, sans s'arrêter à lalettre. A
cet égard, l'Apocalypse de saint Jean contient des beautésincomparables parce
qu'animées du souffle chrétien. Mais pour ensaisir toute la vraie valeur, il est bon de
connaître les idéeseschatologiques des premiers chrétiens et des milieux
juifscontemporains (voir ESCHATOLOGIE). On sera frappé de constatercombien les
auteurs du N.T. restent sobres, excluant les exagérationsapocalyptiques, si fréquentes
dans les écrits juifs, et plus tardchez les Musulmans. Certes, ils ont des conceptions
eschatologiques,mais ils gardent une grande réserve dans toutes leurs descriptions
dela vie des rachetés. D'ailleurs, des paroles comme celles de Jésussur les conditions
du mariage dans l'au-delà (Mr 12:25), ou desaint Paul sur la résurrection des corps
spirituels (1Co 15:44),doivent rendre le chrétien attentif à ne pas dépeindre
matériellementce qui ne peut qu'être suggéré par des images et des symboles. Edm. R.

