Page 1436 - dictionnaire westphal
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croyants de tous les temps. D'après tout le N.T., le sacrifice duFils de Dieu a été la

      condition  et  restera  à tout  jamais  le  gage dela  rémission  des péchés et  du salut
      apporté  au pécheur, comme  le  sangrépandu au moment  de  la  Pâque et  au pied  du
     Sinaï était pour Israëlle  gage du bon vouloir de l'Éternel à son égard, la garantie
     del'alliance qu'il avait conclue avec son peuple.  «Se  souvenir  du Christ,  a  dit  très
     justement Mélanchton..., c'estse rappeler les bienfaits du Christ et les accepter par la

     foi, afind'être vivifié par eux» (Apol. de la Confess. d'Augsbourg, XII,parag. 72). Comme
     le  corps ne vit  qu'en assimilant  de la nourriture, ainsile  chrétien qui communie
     s'assimile  par un acte de foi  tout lebienfait  de la rédemption, le pardon complet de

      Dieu,  le  salut  que lesacrifice  du Christ  lui  a  procuré, et  dont la  certitude  devient
     leprincipe même de sa vie renouvelée. Réconcilié avec Dieu, il se saitentré dans
     l'alliance de grâce, l'alliance nouvelle annoncée par lesprophètes. En communiant, il
     affirme chaque fois à nouveau la valeurrédemptrice et la vertu vivifiante de la mort du
     Sauveur, il se faiten quelque sorte à la face du monde le héraut de la bonne nouvelle

     del'amour de Dieu  manifesté  au Calvaire  (tel  est  le  sens del'expression: «Vous
     annoncez la mort du Seigneur», 1Co 11:26).«Jusqu'à ce qu'il vienne», ajoute l'apôtre,
     car la Cène  est aussi legage de la  rédemption finale  des enfants de Dieu,  «sauvés

     enespérance» (Ro 8:24; voir tout le passage; v. 18, 25). Il vasans dire qu'elle doit être
     aussi l'occasion d'une consécrationnouvelle, d'un don total du croyant, corps et âme, à
     Celui qui s'estsi complètement donné  à lui, au Dieu Sauveur  qui l'a racheté à un
     sigrand prix (1Pi 1:18,20). Le chrétien doit souffrir et mouriravec Lui pour revivre
     aussi déjà ici-bas, avec Lui par son Esprit(Ro 8:16 et suivant, Col 3:11,Ga 2:20). Il doit

     vivre enparticulier, comme son Maître, d'une vie d'amour fraternel (1Jn4:,19 et suivant).
      La  Cène,  communion  avec  le  Dieu  d'amour, estaussi  un repas  de  communion
     fraternelle (cf. le mot «agape» quidésignait le repas fraternel pris en commun par les

     premierschrétiens et pendant lequel était célébrée la sainte Cène:  agapê veut dire
     «amour»). Par là la Cène devient le signe caractéristique,le  signe de ralliement  en
     quelque sorte de l'Église, communauté desrachetés du Crucifié Ressuscité (1Co 10:17,
      cf.  Jn 13:35).Et  enfin,  si  la  Cène  est  essentiellement  le  gage sensible  de

     l'AmourRédempteur, si le croyant doit la prendre non pour être sauvé, mais parce que,
     se sachant sauvé, il veut se fortifier ainsi danscette bienheureuse conviction, comment
     pourrait-il communierautrement qu'avec un coeur débordant de gratitude et de joie?
     Lerepas pascal avait déjà ce caractère, et nous savons que le chant yavait sa place.

     Jésus et les apôtres ont aussi chanté, lors du repasd'adieux dans la chambre haute
     (Mt 26:30,Mr 14:26). Autant queson nom de «communion», la sainte Cène mérite donc
     celui d'«eucharistie», c'est-à-dire d' «action de grâces», que l'Église lui adonné dès la
     plus haute antiquité,  déjà  dans saint Ignace et dans laDidachè.  Voir Agape,

     Communion, Chair. M. M.
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