Page 1431 - dictionnaire westphal
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CÈNE (sainte)
    Du latin coena =souper, dîner, et peut-être surtout dîner encommun (cf. l'origine grec
     de coena: koïnos =qui est en commun).Ce mot désigne le dernier repas pris par Jésus

      avec ses  apôtres,  laveille  de sa  mort,  et  plus  particulièrement  le  sacrement  qu'il
     ainstitué au cours de ce repas. Mais il désigne aussi le repascommémoratif, réduit à
     ses éléments  essentiels,  que des chrétiensprennent ensemble en souvenir du repas

     d'adieux de Jésus et de samort, et pendant lequel ils célèbrent le sacrement institué
     par leMaître. La Cène est encore appelée (1Co 11:20) «le repas duSeigneur». (cf. 1Co
     10:21, «la table du Seigneur») Il se peutque l'action de «rompre le pain» dont il est parlé
     dans Ac2:42,46 et Ac 20:7 soit une allusion à la célébration de laCène, mais ce n'est
     pas absolument sûr. Le nom d' «eucharistie»,également donné à la sainte Cène et qui

     veut dire «action de grâces»,est  emprunté aux textes: 1Co 11:24,Mt 26:26  et suivant,
     Mr14:22 ,Lu 22:19. La désignation moderne de «communion», devenuesynonyme  de
     sainte Cène, est dérivée de 1Co 10:16. Le sens deces diverses appellations se précisera

     davantage par les observationsfaites au cours de cet article. Le N.T. contient quatre
     récits de l'institution de la Cène: lepremier dans 1Co 11:23-25 et les trois autres dans
      les  évangilessynoptiques (Mr  14:22-25,Mt  26:26-29,Lu 22:15-20).  Jeanmentionne, il
     est vrai, le repas d'adieux (Jn 13:2  et  suivants),mais  ne dit rien de l'institution  du

     sacrement. On a cherché à rendrecompte de ce silence, étonnant de prime abord de la
     part del'évangéliste qui insiste  le  plus sur la nécessité et sur le prixd'une intime
     communion de l'âme du croyant avec le Sauveur. D'aucunsont  tiré  argument de ce
     silence pour dire que Jean n'a rien su del'institution de la Cène, et que par conséquent

     elle n'a dûapparaître que plus tard dans la pratique de l'Église. Mais
     cetteinterprétation est formellement contredite par le texte de la 1 reaux Cor. qui
     montre que la célébration de la Cène était un usageconstant au temps de saint Paul,
      antérieurement donc à la  rédactiondu 4 e  évangile.  D'autres ont pensé que Jean

     n'avait pas jugé àpropos de relater  l'institution  de la  Cène parce que le  récit
     s'entrouvait déjà dans la narration synoptique. Cette réponse ne paraîtpas suffisante,
     car dans d'autres cas Jean n'hésite pas à redire cequ'on trouve déjà dans les évangiles
     antérieurs. (Voir, par ex., larelation de la multiplication des pains: Jn 6:1-13, cf.

     Mt14:1-21,Mr 6:34,44. Voir aussi la mention du reniement de Pierre,Jn 18:15-18,25-
    27; cf. Mt 26:69-75,Mr 14:66-72) Dira-t-onque le spiritualisme de Jean s'accommodait
     mal  d'un acte que laplupart,  de son temps  déjà,  considéraient comme
      essentiellementrituel,  et  qu'il  a  voulu désavouer implicitement  cet  acte  en lepassant

     sous silence? Mais à supposer que ce fût là l'intention deJean--et ce n'est qu'une pure
     conjecture--, il paraît bien peuvraisemblable qu'il se soit résolu à se mettre ainsi en
     contradictionavec un usage aussi fortement établi dans la vie de l'Église. Cedésaveu,
     même implicite, de ce que l'Église tenait pour un sacrementinstitué par le Seigneur et

     pour un mémorial  de son sacrifice,  n'eûtservi qu'à scandaliser les croyants et qu'à
     rendre suspect letémoignage de l'évangéliste.  Non, l'auteur du 4 e évangile n'a
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