Page 1435 - dictionnaire westphal
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simplecomparaison, quand, par exemple, voyant le portrait de quelqu'un, ondit: «C'est

     bien lui»,  ou quand, regardant un enfant, on dit: «C'esttout à fait  son père.» On
      pourrait  citer,  du reste,  un  bon nombre depassages bibliques  où le  verbe  «être»  est
     employé dans le cas d'unesimple comparaison et non point d'une  identité
      substantielle.  (cf.Ge  17:10 41:26,Mt  13:37,Jn 15:1,5 etc.)  Cette  façon des'exprimer
      était  très  répandue en Israël.  C'est  ainsi  que Moïse  diten instituant  la  Pâque: «Ceci

     (=l'agneau pascal) est la Pâque(=le passage) de l'Éternel» (Ex 12:11), ce qui veut dire
     quel'agneau pascal devait rappeler aux enfants d'Israël le passagede l'ange de l'Éternel
     sur l'Egypte et la façon dont il les avaitépargnés. Que cette explication n'ait qu'un sens

     figuré, purementsymbolique, c'est l'évidence même (cf. l'expression: «Cette coupeest la
     nouvelle alliance en mon sang»; une coupe [ou son contenu] n'est pas une alliance, elle
     ne peut que la symboliser). Jésus adû hésiter d'autant moins à parler comme il l'a fait
     que justementMoïse avait employé une expression analogue et que l'usage del'allégorie
     était plus répandu  dans la langue de son peuple, et toutparticulièrement dans la

     prédication des prophètes, dont il s'étaitnourri. On comprend très bien que Celui qui
     aimait parler enparaboles pour rendre plus concrète et plus impressive la
      véritéreligieuse  et  pour la  graver plus profondément dans les  coeurs, aitlégué  à  ses

     apôtres, au moment de les quitter, sa suprême pensée dansun acte symbolique qu'on
     a pu appeler une parabole en action. Quant à prétendre que Jésus a voulu distribuer
     aux apôtres soncorps mystique, spirituel (qu'il ne devait revêtir, par ailleurs,qu'après
     sa glorification), c'est une explication  que les paroles del'institution  ne justifient  en
     aucune façon, pas plus qu'aucun destextes pauliniens qui font allusion au «repas du

     Seigneur». Onpourrait bien plutôt objecter le passage de 1Co 15:50, oùl'apôtre déclare
     expressément que ni la chair ni le sang ne peuventhériter du royaume de Dieu et, par
      conséquent, ne  peuvent êtreattribués  à  l'organisme  spirituel  du  Ressuscité  glorifié
     dont ilserait ici question. Toute théorie qui affirme la manducation du corps même de

     Jésusaboutit d'ailleurs logiquement à cette extraordinaire et choquanteconclusion, que
     le Maître a lui-même mangé son propre corps et buson propre sang. (cf. Lu 22:15)
     Enfin, l'argument qu'on a crupouvoir tirer des conséquences de communions indignes,
     (voir 1Co11:27-32, où il est question d'infirmités, de maladies et même decas mortels)

     conséquences attribuées  à une mystérieuse  influence ducorps mystique  de Jésus
     absorbé par le communiant, n'a rien deprobant. Le fait de ne pas savoir «discerner (ou
     reconnaître) lecorps du Seigneur» (1Co 11:29), c'est-à-dire de ne pas accepterpar la foi
     le don que le Christ a fait de lui-même pour sauver lespécheurs et que symbolisent le

     pain rompu et le vin répandu, n'attirepas sur le pécheur, comme le croient bien des
     chrétiens, lacondamnation éternelle, mais un châtiment temporaire et temporelinfligé
     par Dieu dans une intention pédagogique pour sonamendement (1Co 11:32). Toutefois
     ce serait singulièrement amoindrir la signification dela Cène que d'y voir, sans plus, la

     préfiguration ou le mémorial dela mort de Jésus sur la croix. Il ne faut jamais séparer
     du souvenirde cette mort la pensée de l'immense bienfait qui en est résulté pourles
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