Page 1432 - dictionnaire westphal
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pasvoulu désavouer l'institution de la Cène, mais, dans sa préoccupationdominante de

     mettre surtout en relief le côté spirituel de touteschoses et le prix d'une communion
     permanente de l'âme avec Celuiqui est devenu le principe même de sa vie (voy. dans Jn
     6 lediscours sur le pain de vie et dans Jn 15:4-6 l'allégorie du cep etdes sarments), il
     n'a vu, semble-t-il, dans la communioneucharistique, qu'un moment particulier d'un
     état d'âme qui doit  êtrehabituel  chez le  croyant, et sa pensée ne s'est pas arrêtée

      auxcirconstances extérieures  et  occasionnelles  de cette  communion.  A propos de la
     relation du dernier souper de Jésus avec sesdisciples, tel qu'il est rapporté par le 4 e
     évangile, il se poseencore une question: la question de date. Nous ne l'abordons pas

     ici;on la trouvera traitée dans l'article Chronologie du N.T.,  I, parg. 4.  Venons-en
     maintenant aux quatre récits que le N.T. nous aconservés de l'institution de la Cène.
     On peut relever entre eux desvariantes d'importance inégale. Nous ne pouvons nous
     attarder iciqu'à la plus considérable. Elle ressort de la comparaison desrelations de
     Matthieu et de Marc d'une part, et de Luc et de Pauld'autre part. Les mots: «Faites ceci

     en mémoire de moi», prononcéspar Jésus, ne se trouvent en effet que dans Lu 22:19 et
     dans1Co 11:24 et suivant. On saisit sans peine toute la portée decette différence: dans
     le premier cas (Mt et Mc) la Cène apparaîtcomme un repas solennel qui a eu lieu une

     fois pour toutes, qui n'apas à être renouvelé. Dans le second cas, au contraire, la Cène
     estun acte rituel dont la répétition indéfinie a fait l'objet d'un ordreformel du Seigneur.
     La question se pose donc de savoir lequel de cesdeux groupes de récits reflète le mieux
     la réalité, exprime le plusexactement la pensée de Jésus. Nous ne pouvons entrer ici
     dans ledétail des controverses auxquelles ce problème a donné lieu, et desexplications

      plus ou moins  ingénieuses qu'on a parfois  hasardées pourharmoniser les  différents
     récits. Une considération tirée de la chronologie nous paraît de la plusgrande
     importance: la 1 re aux Cor. est très certainement antérieure,peut-être d'une trentaine

     d'années, au plus ancien de nos récitssynoptiques: n'est-ce pas une raison suffisante
     pour donner lapréférence à la relation paulinienne de l'institution de la Cène, quele
     récit des deux premiers synoptiques ne contredit d'ailleurs pas,mais qu'il nous offre
     sous une forme plus ramassée, plus concise, eny omettant ce qui n'était pas
     directement en rapport avec le butparticulier visé par les deux premiers évangélistes.

      Au reste,  onconçoit difficilement  que saint  Paul ait  osé donner, dans son récitde  la
     Cène, comme venant de Jésus lui-même, l'ordre formel de répétercet acte «en mémoire
     de lui», si Jésus n'avait rien dit de pareil.Comment Paul aurait-il pu ajouter qu'il tenait

     son récit  «duSeigneur»? Cela  ne signifie  d'ailleurs pas nécessairement que cequ'il
     rapporte au sujet du repas eucharistique lui a été révélédirectement,  sans aucun
     intermédiaire, à la faveur d'une interventionspéciale et personnelle du Christ glorifié,
     par exemple dans unevision. On ne voit pas bien, en effet,  la nécessité d'une
      telleintervention  à  un moment  où le  récit  de  la  Cène  était  déjà  connu detous,  dans

     l'Église. Le fait que l'apôtre semble insister sur le caractère personnelde la révélation
     qu'il a reçue, en disant: «Pour moi (ego) j'aiappris du Seigneur» (1Co 11:23), ne semble
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