Page 1434 - dictionnaire westphal
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eurent dîné» (Lu 22:20,1Co 11:26), prenant la coupe(la troisième du repas, appelée la

     «coupe de bénédiction»), il laleur donna en disant: «Buvez-en tous, car ceci est mon
     sang, le sangde la nouvelle alliance, lequel est répandu en faveur d'un grandnombre,
     pour la rémission des péchés» (ces cinq derniers mots d'aprèsMatthieu seul; d'après
     Luc et Paul: «cette coupe est la nouvelle alliance enmon sang»). Il est impossible de
     méconnaître le rapport qu'il y a entrel'expression employée ici par Jésus: «le sang de la

     nouvellealliance» (ou «la nouvelle alliance en mon sang») et celle qui estattribuée à
     Moïse quand, au pied du mont Sinaï, il  met en quelquesorte le sceau sur l'alliance
     contractée par JHVH avec le peupled'Israël (Ex 24:8). D'autre part, le rapport entre la

     parole deJésus et la prophétie de Jérémie (Jer 31 et suivants, cf. Heb8:8 ss) n'est pas
     moins évident. Les paroles prononcées par Jésus au moment d'offrir la coupe
     auxconvives ont donné lieu à de vives controverses que nous ne pouvonsrappeler ici.
     Par contre, celles qu'il a dites en leur donnant lepain rompu sont admises par la très
     grande majorité des critiques.Remarquons aussi que les mots «pour vous» se trouvent

     dans les quatrerécits de la Cène. Cela nous suffit pour pouvoir affirmer sanshésitation
     qu'en instituant la Cène Jésus a voulu caractériser samort comme un don complet de
     lui-même,  un sacrifice  total consentipour ses disciples d'abord, mais aussi pour

     l'humanité tout entière. Il n'est peut-être pas de paroles de l'Écriture qui aient prêté
     àplus de discussions entre les critiques et entre les différentesÉglises chrétiennes,
      discussions  passionnées, véhémentes,  que lescélèbres  paroles  de  l'institution.
     Convient-il de voir dansl'expression: «Ceci est mon corps», plus qu'une manière figurée
     deparler? Faut-il, prenant ces mots dans leur sens le plus littéral etmatériel, penser

     qu'à ce moment solennel entre tous, Jésus a voulucommuniquer la substance même
     de son corps à ses apôtres,  à la  faveurd'une transformation  soudaine, miraculeuse,
     encore que mystérieuse etimperceptible aux sens, des «éléments» de la Cène--le pain et

     levin--, si bien que les apôtres auraient vraiment absorbé quelquechose de sa chair et
     de son sang, tandis que les éléments (ou, commedisent les théologiens, les «espèces»)
      seraient  apparemment restésles  mêmes?  Ou  bien faut-il  croire,  sans admettre  cette
     transmutationmiraculeuse, que les «espèces» restant ce qu'elles étaient  enréalité,  le
     corps spirituel  et mystique du Christ  est venu s'ysurajouter en quelque sorte,  dans

     l'invisible, au moment de laconsécration des éléments et qu'il fut absorbé et assimilé
     en mêmetemps qu'eux? L'examen approfondi de ces questions relève de ladogmatique
     et ne peut trouver place ici.  Nous dirons seulement que letexte des paroles de

     l'institution ne nous paraît rien impliquer dece que nous venons de voir. Il est reconnu
     aujourd'hui qu'on ne peuttirer argument du mot «est» dans l'expression: «Ceci est mon
         corps»,car       dans       un      cas      semblable        l'araméen,        que       parlait      Jésus,
     n'employaitgénéralement pas le verbe auxiliaire, en sorte que Jésus a dû dire:«Ceci,
     mon corps.» Cela pourrait tout aussi bien se traduire par:«Ceci représente (symbolise)

     mon corps.» D'ailleurs l'emploi du verbe«être» lui-même ne serait pas encore décisif. Il
     est hors de douteque  ce verbe est parfois employé pour indiquer une
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