Page 1757 - dictionnaire westphal
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COUPE
Les différents mots hébreux désignent des bassins, coupes, cuves (voirces mots) de
formes et de dimensions diverses. Les coupes sont plus spécialement des ustensiles
d'origineégyptienne ou phénicienne, avec ou sans anse. On connaît l'histoire de la
coupe du Pharaon;(Ge 40: et suivants) voir Échanson. La coupe d'argent de Joseph,
gouverneur en Egypte,(Ge 44:2,5) est considérée par son intendant comme un objet
dedivination, procédé alors courant (culicomancie, hydromancie): onlisait les présages
dans les mouvements du liquide, huile versée surl'eau, effets produits par des cailloux
lancés dans la coupe, etc.(voir Divination, 6). Ces versets ne prouvent pas que Joseph
lui-mêmerecourût à ces pratiques; Ge 41:16,38 font croire le contraire. Cet art est
encore pratiqué en Egypte (miroir magique), enScandinavie, à Tahiti, etc., où l'on
prétend voir la face du voleurse dessiner sur la surface d'une eau claire (d'après
Frazer). Lavaisselle du roi Salomon était toute en or (1Ro 10:21). Babyloneest
comparée à une coupe d'or (Jer 51:7). Les coupes assyriennes de Khorsabad et de
Nimroud, les bassinsenlevés au temple de Jérusalem par Nébucadnetsar (Da 5:2),
lescoupes représentées sur les bas-reliefs de Persépolis et quiservirent certainement de
modèles à celles que décrit Est 1:7,sont probablement tous d'origine phénicienne.
Certaines coupes avaient sur leurs bords des fleurs delis (1Ro 7:26), comme celles
qu'on trouve à Persépolis. Jer16:7 fait allusion à la «coupe de consolation» offerte aux
gens endeuil après les funérailles. (cf. Pr 31:6) Les coupes du N.T.,quelques fois en or
(Ap 17:4), étaient de forme gréco-romaine:c'était la patère, évasée et peu profonde. Le
nom antique de calice, qui se trouve encore dans quelquestextes des vieilles versions
protestantes, (Calvin, Esa 51:17,Jer25:15 etc.) provient du latin calix de la Vulgate, et
n'a étéconservé que par les traductions catholiques, (Crampon, Mt 20:2226:39 etc.) et
dans l'usage liturgique romain pour désigner levase de la consécration du vin de la
messe.Sens symboliques nombreux: 1. surtout dans les Ps., l'humanité est comparée
à uninvité recevant de Dieu, en une coupe, un lot d'expériencesheureuses (Ps 16:6
23:6 etc.), mais aussi à un malheureuxrecevant de Dieu le lot amer de l'infortune
(11:6); ce dernier senss'applique aux souffrances de Jésus (Mr 10:38 et suivant
Mr14:36,Mt 20:22 et suivant, Lu 22:42,Jn 18:11); 2. coupe d'actions de grâces (Ps
116:13), en unrepas sacré accompagnant voeux et sacrifices (verset 14-17 etsuivant); 3.
coupe de bénédiction (1Co 10:16), termeemprunté par saint Paul au rituel juif de la
Pâque, désigne la coupede la sainte Cène parmi les chrétiens, en souvenir de celle
duSeigneur,voir (1Co 11:25-29,Mr 14:23,Mt 26:27,Lu 22:17-20) Cène; 4. coupe de la
colère et de la justice de Dieu, imagedes châtiments se déversant sur les impies et les
transgresseurs(Jer 25:15,Eze 23:32 et suivant Esa 51:17 Za 12:2,Ps 75:9,Ap14:10 16:1-
4,8,10,12,17,19 18:6). 5. «nettoyer le dehors de la coupe et duplat» (Mt 23:25 et suivant),
image de l'hypocrisie des Scribeset Pharisiens.

