Page 1648 - dictionnaire westphal
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COLOMBE
    Nom du pigeon dans la langue religieuse ou poétique (hébreu  yânâh; grec  peristera),
     s'applique en Palestine à quatre espèces dugenre columba, dont les  plus communes

     sont le pigeon de roche oubizet (c. livia) et le p. des bois ou ramier (c. pahimbus) Il faut
     y joindre la tourterelle (hébreu thôr; grec trugôn), représentée par trois espèces, dont la
     tourterelle  commune  (turturcom-niunis)  et celle  du Sénégal, celle-ci  très

     familièreaujourd'hui  dans les rues de Jérusalem.  Ces oiseaux durent être un
     important objet d'élevage en Israël,si l'on en juge par leur emploi dans les sacrifices et
     par lesmentions fréquentes qu'en fait  la Bible.  L'A.T. évoque: lesmigrations  de la
     tourterelle (Jer 8:7,Ca 2:12), le vol puissantet rapide de la colombe (Ps 55:7), la beauté
     de sesplumes (Ps 68:14) et de ses yeux (Ca 1:15 4:1); les risquesqu'elle court, oiseau

     sans défense, d'être stupidement prise aupiège (Os 7:11), les volées de pigeons en
     troupes, auxquels sontcomparés les  captifs  libérés  revenant d'Assyrie (Os  11:11)
     ouramenés sur les  navires aux voiles  blanches (Esa 60:8),  laposition  des nids aux

      flancs  des  précipices  (Jer  48:22),  lesroucoulements  gémissants  (Esa  38:14 59:11,Na
     2:8), et l'alluretendre qui a fait prendre le nom de la colombe pour un termed'affection
     (Ca 2:14 5:2 6:8), encore très usité aujourd'huicomme prénom des Juives. Le nom de
     Jémima,  fille  de Job (Job42:14),  doit  signifier  aussi colombe.  Tourterelles  et  jeunes
      pigeons étaient  les  seuls  oiseaux  tolérésdans  les  sacrifices,  (cf.  Le  1:2,14)  mais

     exclusivement pour  unholocauste (Le 1:14-16) ou une  purification (pécheur,
     mère,lépreux, naziréen, etc.: Le 5:7 12:6-8 14:21-23  15:14,29,No6:10); les oiseaux
     admis sans spécification  dans Le 14:4  etsuivant, 49  et suivant  devaient être  aussi des

      pigeons.  Tel  avait  étéle  cas dans un sacrifice  d'alliance d'Abram (Ge  15:9).
     Cetteexception mettait le sacrifice à la portée des pauvres; c'est celuiqu'offrit la mère
     de Jésus (Lu 2:24), et c'est pour la clientèledes petits que les marchands du temple
      vendaient des pigeons (Mr11:15,Mt  21:12,Jn 2:14).  On s'est demandé (Robertson
      Smith,  Rel.  Sein.,  pp. 202, 275)si le fait que ces oiseaux étaient réservés à des

     sacrificesextraordinaires (holocaustes, purifications) ne provenait pas de leurcaractère
     sacré dans le paganisme sémitique: quoique animaux«purs», (voy. Le 11:13 et suivant, la
     liste des oiseaux impurs)ils ne paraissent jamais dans la Bible comme nourriture

     desIsraélites, alors qu'ils sont aujourd'hui l'une des principalesressources alimentaires
     en Palestine; les Syriens non plus n'enmangeaient pas, et leur contact rendait impur
     pour la journée; demême Phéniciens et Philistins les vénéraient comme sacrés, ce qui
     fitaccuser les Samaritains par les Juifs d'adorer la colombe. Son nom grec, peristera,

     de provenance sémitique, en faitl'oiseau d  'Istar  (ou Astarté). Presque toutes les
     religions,d'ailleurs,  lui ont attribué un rôle important:  des colombes avaientnourri
     Jupiter, ainsi que plus tard la légendaire Sémiramis, quiavait été enlevée au ciel sous
     la forme d'une colombe; c'est l'oiseaude Vénus, dont le temple à Chypre était rempli de

     colombes; cesoiseaux servaient à rendre des oracles en Libye, à Dodone, etc.L'origine
     de tous ces cultes ne peut guère se trouver ailleurs quedans les caractères les plus
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