Page 1652 - dictionnaire westphal
P. 1652

probablement assez tard que les  maisebot,  jusqu'alors nettement distinguées des

     sanctuaires,furent introduites sur les hauts-lieux eux-mêmes, sous l'aspect destèles
     plus ou moins ouvragées et façonnées. Les fouilles  entreprisesà Guézer,  Méguiddo,
     Thaanac  ont révélé la place éminente qu'ellesoccupaient  dans les autels syro-
    cananéens. A Guézer notamment a étémise au jour une magnifique série de pierres
      plantées,  sortes  demenhirs  dégrossis,  dont plusieurs  étaient  pourvus de cavités

     appeléesà recevoir l'huile, le vin et le sang des sacrifices et dont uneautre spécialement
     polie au toucher devait avoir été l'objetd'onctions innombrables (fig.  112). Sur les
     rapports des matsebot avec les hauts-lieux on est encore réduit aux conjectures. On

     inclineà admettre qu'étant donné leur multiplicité ces pierres finirent parn'avoir plus
     qu'une valeur représentative de la divinité, dontl'habitat effectif était ailleurs. Lorsque
     les Hébreux pénétrèrent en Canaan, et adaptèrent lessanctuaires locaux au culte de
     JHVH, ils les trouvèrent abondammentpourvus de matsebot païennes. Le danger était
     grand pour eux qui,en raison de leurs tendances spiritualistes,  n'accordaient

     auxpierres dressées que la signification d'un mémorial, de verser dansl'interprétation
     idolâtrique.  Aussi ne faut-il  pas s'étonner de lacondamnation prononcée contre les
     piliers de pierres par, les codessuccessifs de la loi et les historiens deutéronomiques

     fidèles àl'inspiration mosaïque (Ex 34:13 23:24,De 7:5 12:3,1Ro 14:23,2Ro17:10 18:4
     23:14. Voir également Os 10:1).III Le terme khammân (pluriel khammânim)  apparaît
     dans quelqueslivres plus tardifs  de l'A.T.;  il  semble signifier  «solaire»  etdésigne les
      colonnes spécialement  consacrées  au soleil  (voir  ce  mot).Pour  certains  savants,  leur
     nom serait apparenté  à celui deBaal-Hammôn, dieu phénicien du  soleil;  peut-être

     même  s'agirait-il  depiliers  porteurs de bûchers (W.Rob.  Smith,  Relig.  Sem.).  Dans
     lessévères condamnations que portent sur eux prophètes et prêtresd'Israël (Esa 17:8
     27:9,Eze 6:4,6,Le 26:30,2Ch 14:5 34:4,7), cesmonuments païens sont appelés, suivant
      nos versions:  colonnessolaires  (Vers.  Syn.),  statues,  (Sg.),  tabernacles (trad.

     fautived'Ost.), obélisques (Bbl. Cent.),  etc.IV  Acheva  (pluriel  Achérim  et  Achérot  ou
     Aché-roth) 1. Nom hébreu appliqué à une divinité cananéenne dontle culte datant de la
      plus  haute antiquité  était  pratiqué  à  l'époquede l'A.T.  Après  l'avoir  longtemps
     confondue avec l'Astarté (voir cemot) des Phéniciens et des Babyloniens (Istar), on a vu

     qu'il fautl'en distinguer: ainsi, grâce à une tablette cunéiforme découverte àThaanac,
     on a pu retrouver dans l'A.T. plusieurs allusions laconcernant. Déjà le livre des Juges
     parle des Baals et des  Achérot (Jug  3:7).  Ce  sont  les  prophètes  de  Baal  et  d'Achêra
      qu'Élie défia sur le Carmel (1Ro 18:19); c'est à sadévotion qu'étaient consacrés les

     objets rituels visés par 2Ro23:7. D'autres passages ont trait à son «image taillée», sa
     statue:c'est pour lui  avoir  élevé  une idole  que Maaca, mère  du roi  Asa, futdestituée
      (1Ro 15:13);  c'est encore son idole  qui,  placée parManassé dans le  temple  de
     Jérusalem (2Ro 21:7), fut détruite parJosias (2Ro 23:6). C'est aussi une achéra qui fut

     mise parAchab dans le temple de Baal à Samarie et que Jéhu réduisit encendres, ce
     qui ne l'empêcha d'ailleurs pas de réapparaître (1Ro16:33,2Ro 10:26 13:6). On a pensé
   1647   1648   1649   1650   1651   1652   1653   1654   1655   1656   1657