Page 1614 - dictionnaire westphal
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CITATIONS DE L'A.T. DANS LE N.T.
Ce n'est certainement pas avant les premières décades du II e siècleque l'Église
chrétienne éprouva la nécessité de se constituer un«canon» d'écrits normatifs, en
groupant et fixant l'ensemble de ceuxqui nourrissaient la piété de ses fidèles: de là, le
long processusde canonisation qui aboutira à former notre actuel N.T. sur le modèledu
canon de l'A.T. Mais il ne s'agissait nullement d'élaborer unenouvelle Bible, à côté ou
en regard de celle des Juifs. Aussi bien lerôle de la Loi, des Prophètes et des Psaumes
(et écrits divers) dansla vie religieuse des premiers chrétiens s'affirme-t-ilprimordial.
(cf. Lu 24:44) Suffiraient à l'attester, si diversesqu'aient été les causes ou occasions de
la rédaction soit desévangiles, soit des épîtres, les citations et réminiscences de
l'A.T.qu'on y trouve souvent. Déjà numériquement, ces références, soit expresses («il
estécrit», «il est dit», «Moïse écrit», «la Loi dit», «afin que fûtaccompli ce qu'ont dit les
prophètes», etc.) soit implicites,dépassent sans comparaison possible celles qu'on peut
rapporter soità la littérature juive non canonisée, soit à des auteurs étrangers
aujudaïsme (Ac 17:28,1Co 15:33,Tit 1:12), ainsi que les allusionsà des lettres ou
autres écrits privés auxquels on répond (1Co 7:18:1 11:2,17 12:1,Php 1:3 2:25 4:11-
18 Phm 1:5-7).Tandis que ces deux dernières séries se comptent parunités, et que les
«Apocryphes» et «Pseudépigraphes» de l'A.T. nepeuvent être reconnus avec une
certitude suffisante que 24 fois auplus, le nombre de nos citations et réminiscences de
l'A.T. lui-mêmese présente, D'après les statistiques les plus judicieusement
établies,ainsi qu'il suit:
CITATIONS RÉMINISCENCES Matthieu 50 437 Mc 23 204 Lc 25 474 Jean 15 364
Act 27 290 Rom 48 176 1 Cor 14 172 2 Cor 9 95 Gal 10 53 Éph 6 69 Phil 30 Col
38 1 Thess 39 2 Thess 1 22 1 Tim 1 53 2 Tim 1 27 Tite 11 Philém 2 Héb 36 187
Jacq 4 86 1 P 11 73 2 P 2 47 1Jean 46 2Jean 3 3Jean 5 Jude 22 Apoc 3 453
Encore ne peut-on comprendre dans ces relevés les cas de rencontrefortuite de mots
isolés (p. ex. dans Eph 5:14). L'immense majorité des citations bien caractérisées
provientdirectement de la version grec de l'A.T. dite des LXX, et plusspécialement du
type de ce texte que représente le codexAlexandrinus. Ainsi, dans l'épître aux Héb., on
trouve: 25citations conformes à la fois au grec des LXX et à l'hébr., 8citations
conformes seulement au grec des LXX (qui diffère del'hébr.), et 3 citations librement
adaptées. Par contre, l'hébreu a exercé une influence prépondérante surl'art des
citations tel que le pratique l'évangile de Matthieu Tandis quedans celles qui lui sont
communes avec Marc et Luc les LXX jouent lerôle déterminant, celles qu'il introduit
seul dépendent toujours dutexte hébr.; ex.: 1:23 2:16, 18 - 28 4:15 8:17 12:18 et
suivants,etc. Cette observation milite en faveur de l'hypothèse d'une sourcegrecque
utilisée par les trois premiers évangélistes, parmi lesquelsle premier seul,
apparemment un judéo-chrétien, s'appliquaitcependant à confronter avec sa Bible
hébraïque la tradition qu'ilenregistrait.En ce qui concerne l'usage que les auteurs du
N.T. ont voulufaire de leurs citations de l'A.T., on peut distinguer, avec Burtonentre
autres: (a) Les citations-arguments. Ce sont des textesintroduits à titre de prédictions,
ou comme énonçant un principe ouune règle générale; ex.: David mangeant les pains

