Page 1616 - dictionnaire westphal
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CITÉ
Ce terme peut être, dans le style soutenu, synon. de ville (voir cemot), ou bien désigner
plus particulièrement une citadelle: p. ex. la«cité de David» (voir Jérusalem). Le N.T.
emploie quelques fois legrec polis, accompagné d'épithètes diverses qui en précisent
lesens figuré, pour désigner le ciel: la cité du Dieu vivant, etc.(Heb 12:22, cf. Heb
11:10,16 13:14); d'où les expressionscourantes du langage religieux: Cité céleste. Cité
sainte, Citéfuture, Cité de Dieu. (cf. Ps 46:5) Par ailleurs, en plusieurs passages,
l'apôtre Paul, qui sut fairevaloir dans l'intérêt de son évangélisation son titre de
«citoyen»romain (Ac 21:39 22:25 et suivants), évoque le sens plus généralde la «cité»
romaine (civitas), la communauté politique del'État, pour l'appliquer au Royaume
céleste: de même qu'il y avait euun «droit de cité» (politeïa), en Grèce puis à Rome, (cf.
Ac21:28) de même il y en a un pour l'Israël de Dieu, et les païens ensont privés (Eph
2:12); les chrétiens, au contraire, sont«concitoyens» (sunpolitaï) des saints et membres
de la famille deDieu (Eph 2:19); c'est donc d'une manière digne del'Évangile (Php 1:27),
en toute bonne conscience devantDieu (Ac 23:1), qu'ils doivent «se conduire» (verbe
politeueïn =remplir les devoirs civiques); nous sommes, écritl'apôtre, «citoyens des
cieux» (Php 3:20), litt. «dans les cieuxest notre politeuma» (=communauté où nous
avons droit de cité).Ce dernier terme est d'un usage fréquent dans les inscriptions et
leslettres du temps, pour désigner des communautés fortement groupées enterre
étrangère: Juifs en Cyrénaïque, Phrygiens en Egypte, etc.; telssont, ici-bas, les
«citoyens» de la communauté d'En-haut. En disant:«notre cité (trad. ancienne: notre
bourgeoisie) est dans les cieux»,Paul les engage à diriger leurs pensées et leurs
affections vers leciel et non vers «les choses de la terre».

