Page 1456 - dictionnaire westphal
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Heb2:14-18), inauguré une humanité nouvelle en devenant «l'auteur d'unsalut éternel

     pour tous ceux qui lui obéissent» (Heb 5:9, cf.Heb 2:14-18) et établi une communion
     dans sa chair: «Je suis lepain de Vie, le pain que je donnerai pour la vie du monde,
     c'est machair...si  quelqu'un  mange de ce pain, il  vivraéternellement»  (Jn 6:51).
      «Parvenu à la  perfection»  (Heb7:28),  rien  de sa chair ne devait  être  accessible  à la
     corruption;et c'est pourquoi au matin de Pâques le tombeau était vide. (cf.Ac 2:27

     13:37,Ps 16:10) «Celui qui confesse Jésus-Christ venu enchair est de Dieu» (1Jn 4:2),
     «qui croit au Fils a la vieéternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour» (Jn6:40).
     «Je crois à la résurrection de la chair» (Symb. des Ap., cf.Jn 5 Jean 6). Cet ensemble

     d'affirmations, qui montre l'unité de l'enseignementévangélique, met en pleine lumière
     l'importance de l'incarnation.Dans les théophanies de l'ancienne Alliance (voir Ange de
     l'Éternel),Israël  n'avait fait  qu'entrevoir Dieu  à travers  le  mystère;  Jéhovahétait une
     personnalité lointaine, redoutable, insaisissable...Par lachair du Christ, Dieu apparaît
     à l'humanité dans sa sainteté et dansson  amour, c'est-à-dire dans ses qualités

     personnelles qui le rendentaccessible. Ce n'est plus le Dieu caché de la métaphysique,
     dont lesattributs nous dépassent, c'est le Dieu qui nous apparaît, se mêle ànotre vie,
     revêt notre nature, s'offre à notre amour, d'un  mot: semanifeste Père céleste en

     mettant sous les yeux de l'humanité déchuela filialité de Jésus. A le bien comprendre,
     Dieu ne pouvait se«montrer» autrement que par ce sublime détour. C'est là ce
     qu'àl'heure des suprêmes épanchements, le Seigneur présent en chair, dansle cénacle
     des apôtres, veut enseigner à Philippe lorsque, à saquestion angoissée: «Montre-nous
     le Père et cela nous suffit», ilrépond: «Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne

     m'as pasconnu, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le Père» (Jn 14:9). Le danger de l'Église
     naissante était, dans son élan d'adoration,de ne pas prendre l'humanité du Christ au
     sérieux; et ce futl'hérésie docète, la première qui mit gravement en péril la foi auChrist
     des Évangiles. Il est suggestif à cet égard de constater quele seul apôtre de Jésus qui

      ait  vécu assez  longtemps  pour pouvoirsaisir  la  première  génération  chrétienne dans
     son évolutionthéologique, ait dénoncé  cette déviation redoutable et qu'il ait misses
      lecteurs  en garde contre  elle.  L'incarnation, pour Jean,  c'esttout le  christianisme;
     l'essence même de la religion: Qui ne confessepas Jésus venu en chair, n'est pas de

     Dieu, mais il est inspiré parl'Antéchrist. (cf. 1Jn 4:2 et suivant) Plus nous contemplons
     le Christ, les modalités de sa «venue enchair», et mieux s'expliquent à nous les termes:
      substitution,expiation,  satisfaction,  que la  dogmatique  rend parfois  sirébarbatifs,  si

     inassimilables à notre entendement et même à notreconscience. Comment ne pas les
     voir  réalisés  dans l'humanité  sainteet  immolée  du Fils  qui,  pour sauver l'humanité
     pervertie, se lie àelle, souffre par elle, meurt pour elle, acceptant tout del'ingratitude
     humaine et de la fureur satanique pour «ôter le péchédu monde»? (Jn 1:2-9) Rien ne
     peut non plus nous amener àcomprendre la, grandeur de l'amour de Dieu comme les

     souffrances deJésus dans sa chair. Le Père, dont un seul mot eût suffi pouranéantir
     les ennemis du Christ, accepte à cause de nous de contemplerla fatigue, la déception,
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