Page 1455 - dictionnaire westphal
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d'énergie morale--s'il était resté obéissant, a perdu sonorientation en se séparant de

     l'aliment spirituel, en sorte que,privé de l'Esprit et asservi à son infernal tentateur, il a
     livré sonindividualité tout entière aux suggestions du péché. Dès lors, pourPaul, le mot
     chair n'indique  plus seulement la créature soumise auxconditions  de l'existence
     terrestre (Col 2:1,5,Php 1:22,24,Ga2:20 4:14,1Co 7:5,28,Col 1:24,2Cor 4:11), mais il
     désigne,dans cette dernière extension, l'homme à la fois  borné dans sa natureet

     corrompu par sa faute, doublement isolé par sa propre faiblesse etpar la réprobation
     divine; l'homme perdu sans remède et envisagé danscet état de perdition (Ro 6:19 8:3
     7:6,Ga 6:8,2Co 10:3 7:1,Eph 2:1-5,Ro 6:23 8:13, 1Co 3:3,4); un homme négatif, sil'on

     peut ainsi dire, parce qu'au lieu de réaliser «dans la chair» sadestinée humaine et de
     couronner la création en la renouant auCréateur, il a, par sa vie «selon la chair» (Ro
     8:12), déshonoréDieu, rebroussé vers l'animalité et il est redescendu vers lapoussière
     d'où il a été tiré. Le ch. 7 des Romains, où Paul, jugeantde son passé de pharisien avec
      ses  lumières  de  chrétien,  nous retracel'infortune  de  l'homme-chair,  incapable  non

     seulement d'accomplir laloi spirituelle, mais d'y atteindre et même de la concevoir, est
     lapage la plus pathétique qui ait été écrite sur l'impasse où aboutitl'évolution humaine
     conditionnée par la chute. «L'homme hors deChrist est en ce sens un être incomplet,

     manqué, qui n'achève rien etqui disparaît dans l'inconnu.» (Ch. Babut.) «Malheureux
     que je suis,qui me délivrera? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ! Enlui la
     loi de l'Esprit m'a affranchi...»  (Ro 7:24 8:2).  5. La chair et le salut.Comment  s'est
     opérée cette rentrée de l'Esprit, cette délivrance parle retour de Dieu en l'homme? «La
     parole  a été  faite  chair»  (Jn1:14).  «Le Fils  unique, qui est  dans le  sein du Père»

     (Jn1:18), venu pour donner sa vie en rançon (Mt 20:28) et donné aumonde par amour
     (Jn 3:16), s'est incarné, «afin que quiconquecroit en lui ait la vie éternelle» (verset 16).
     Chair et salut: deuxnotions qui trouvent en Christ leur solidarité organique. Le Fils
     aété envoyé par le Père dans une chair semblable à notre chair depéché (Ro 8:3). C'est

     ici que s'accomplit et s'épuise lecaractère limitatif, restrictif que la notion de la chair a
     toujoursconservé au cours de son développement. Jésus a vécu et agi avec unenature
     humaine sujette à toutes les conséquences du péché de l'homme,bien qu'exempte de
     péché. A-t-on pesé tout ce qu'il dut trouver déjà,dans ce fait seul, de meurtrissures

     pour sa nature morale et dedifficultés pour son action spirituelle? Revêtir la chair a été
     pourle Fils de Dieu le suprême renoncement, triompher dans la chair a étépour lui la
     suprême victoire. La chair =personnalité humaine,réduite par le premier Adam à n'être
     plus qu'une «âme vivante» privéede l'Esprit, a été rendue à sa dignité primitive, à sa

     filialitécéleste par le second Adam qui est «Esprit vivifiant» (1Co15:45) et dont la vie
     dans la chair rompt la trame du mal moral quiliait au péché et à la mort l'humanité
      déchue  (Eph 2:1,5).  Toutela  rédemption  a  donc pour fondement  moral  la
     «manifestation en chair»du Fils de Dieu (1Ti 3:16, cf. 1Jn 4:2) qui a «souffertdans la

     chair» (1Pi 4:1); ayant appris l'obéissance aux jours desa chair dans la prière et dans
     les  larmes  (Heb 5:7  et suivant),il  a «condamné le  péché dans la chair» (cf.  Ro 8:3 et
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