Page 1453 - dictionnaire westphal
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CHAIR
    Hébr. bâsâr, grec sarx. Ce mot a, dans la Bible, uneimportance capitale. Pour en saisir
     le sens, il faut laisser de côtéce que nous enseigne la philosophie grecque sur

     l'anthropologie etsuivre avec soin le développement de la notion de la chair sur le
     solhébraïque dans l'A.T. et le N.T. 1. La chair et le monde organique.L'origine du mot
     bâsâr  est obscure. Il dérive probablement d'unverbe  qui parle du contact d'une

     surface, de l'impression produitepar un frottement. D'où  le substantif: apparence
     extérieure, forme,matière  tangible, et peut-être (arabe) peau. Son premier sens
     dansl'A.T. est celui de substance d'un corps animal, qu'il s'agisse del'homme ou de la
     bête (Ge 41:2 =sarx dans 1Co 15:39).Il s'agit de l'élément musculeux du corps (voir ce
     mot), des partiesmolles et charnues, par opposition au sang, élément noble, véhiculede

     la vie,  et aux os, partie  solide,  résistante,  qui demeure après lamort  et  la
     décomposition (No 19:6,Job 10:11 etc.). Déjà, dansce sens premier, la chair apparaît
     comme l'élément du corps le pluslimité dans ses ressources, le plus fragile et le plus

     périssable.Par une première extension, le mot chair est employé pour désigner lecorps
     tout entier et, par là, la parenté par la naissance et lemariage (Ge 2:24 37:27,Ne 5:5).
     Parfois, dans cette acception,le mot «os» est joint au mot «chair» (Ge 2:23,2Sa 19:12).
     2. La chair et l'humanité.Du corps humain individuel la pensée hébraïque passe au
     corps humaincollectif,  et le  mot  chair,  par une nouvelle extension, prend le

     sensd'humanité. «Toute chair» veut dire «tous les hommes» (Ge 6:12,No 27:16,Job
     12:10,Ps 65:3,Esa 40:6, etc.). A l'occasion, le motchair désigne l'humanité représentée
      par  un membre  de  l'espèce  (Ps5  a  5,Jer  17:5,Ge  6:3,  etc.).  On  peut  voir  par  ces

     passages,et d'autres, que lorsque le  mot chair qualifie  l'humanité, c'est pourfaire
     ressortir sa faiblesse, sa caducité, sa facilité à céder auxtentations mauvaises (Ge 6:5-
    12 et suivant). Il y a déjà ici nonpas une condamnation de la chair en elle-même, mais
     quelque chose quiressemble à la «faiblesse de la chair» dont parle Paul dans Ro6:19 et
     de son incapacité à s'élever aux intuitions spirituelles.L'expression «chair et sang», que

     l'on rencontre aussi dans lesApocryphes  et souvent dans la littérature  rabbinique,
      marquel'infirmité  humaine et,  dans le  N.T.,  son incapacité  à  atteindre  aumonde de
     l'Esprit. «Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélécela» (Jésus dans Mt 16:17, cf.

     Jn 1:13,Ga 1:16,1Co 15:50,Jn3:6). L'opposition entre la chair et l'Esprit, l'une
     toutefaiblesse, l'autre tout-puissant, s'accuse  dès l'origine de la penséehébraïque  et
     sous les formes les plus diverses (Esa 31:3, cf.Jer 17:5,2Ch 32:8). De ces textes ressort
     que la chair est avecl'homme dans le même rapport que l'Esprit avec Dieu. 3. La chair
     et la personnalité.Développant toujours sa pensée, l'Hébreu, après avoir désigné par

     bâsâr l'organisme vivant dans ses besoins, sa dépendance, sacorruptibilité, puis l'être
     humain dans sa caducité et ses limites,en arrive à donner au mot bâsâr la  mission
     d'opposer la créatureau Créateur dans ce qui constitue leur personnalité même. La

     chairest visible,  Dieu est invisible;  la chair est limitée,  Dieu estinfini;  la chair est
     impuissante. Dieu est tout-puissant; la chairignore et s'égare, Dieu est toute sagesse;
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