Page 1627 - dictionnaire westphal
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souveraine autorité, nonseulement est étrangère aux institutions de Jésus, mais

     qu'elle leurest directement opposée.II Dira-t-on que les textes du N.T. qui nous parlent
     de Pierre leprésentent comme un disciple conscient d'avoir reçu un magistère quilui
     subordonne ses pairs et à plus forte raison les évêques, lespresbytres, les diacres, le
     peuple entier de l'Église naissante? C'est le contraire qui ressort des événements tels
     que lesévangiles, les Actes, les épîtres nous les racontent. Dans la pagemême où se

     trouve le tu es Petrus, Jésus, après avoir loué sonapôtre pour sa déclaration de foi, le
     rabroue pour ses erreurs et luidit: «Arrière de moi, Satan, car tu m'es en scandale, tu
     penses à lamanière des hommes, et tes pensées ne viennent pas de Dieu» (Mt16:23).

     Cette parole montre que l'ardent apôtre pouvait, dans lesmêmes jours et presque au
     même moment, tomber des hauteurs del'intuition céleste aux abîmes de l'inintelligence
     humaine. C'estencore dans ce même évangile de Matthieu que Jésus annonce à
     Pierrequ'il le reniera (Mt 26:34). Un autre évangile, Jn21:15-19, nous montre Jésus
     réintégrant Pierre dans  sa chargepastorale après l'avoir, par ses questions, plongé

      dans la  plusextrême  confusion; une réhabilitation  n'est pas une intronisation,  etles
     brebis, les agneaux que Pierre aura à paître ne sont sûrement passes compagnons
     d'apostolat, lesquels n'avaient pas renié leurSauveur, surtout l'apôtre Jean qui avait

     suivi Jésus fidèlement chezle grand-prêtre et jusqu'à la croix (Jn 18-19). Pierre,
     blâmépar ses condisciples d'avoir baptisé des païens chez Corneille,  nesonge
     nullement  à invoquer pour sa défense un droit  de pasteuruniversel que Jésus lui
     aurait confié (Ac 11:17). Paul, quand ilparle des colonnes de l'Église, cite Jacques et
      Jean sur  le  même  rangque  Pierre  et  nomme  Jacques le  premier  des  trois  (Ga  2:9).

     QuandPierre, dominé par Jacques, s'est laissé  intimider  à Antioche par lesjudéo-
    chrétiens, Paul le réprimande sur un ton qui ne permet pas desupposer que l'apôtre
     des Gentils  avait devant lui  le chef qui doitêtre  obéi (Ga  2:11).  Dans  la  grande
     assemblée constituante de l'Église, le Synode deJérusalem (Ac 15:6-21), ce n'est pas

     Pierre qui préside, c'estJacques, qui conclut les débats et donne les instructions. Dans
     lemonde judéo-chrétien de l'Église primitive,  c'est bien Jacques eneffet  qui est  la
     grande autorité,  le  chef de la  communauté deJérusalem, et  dans le  monde pagano-
    chrétien c'est Paul qui est lapersonnalité dominante, le grand fondateur d'Eglises. Ainsi

     s'estétendu aux autres, à mesure qu'ils professaient à leur tour la foi,le privilège que
     Pierre fut le premier à posséder puisqu'il fut lepremier confesseur. Le N.T. parle de la
     communauté chrétienne deRome, il  nous apprend qu'il y avait  à Jérusalem, parmi
     beaucoupd'autres, des Juifs venus de Rome, lorsque Pierre prononça sondiscours le

     jour de la Pentecôte (Ac 2:10); mais il ne mentionnepas de ministère pastoral de Pierre
     dans la capitale de l'empire; ilne sait rien d'un Pierre fondateur de l'Église de Rome et
     son premierévêque. Les textes prouvent, au contraire, que la communauté  de
     Romeexistait avant qu'aucun apôtre eût visité la ville éternelle (Ro1:7,13-15 15:22-24).

     Ils racontent explicitement que Paul aséjourné à Rome et y a fait oeuvre d'évangéliste,
     après avoir adresséaux chrétiens de cette ville, sous forme de lettre, un traitédoctrinal
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