Page 1628 - dictionnaire westphal
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si complet et si puissant que la chrétienté y trouvera sonprincipal statut théologique

     (ép. aux Rom.). Si Rome doit se réclamerd'un apôtre, c'est de Paul, non de Pierre (voir
      Apôtre,  Simon  Pierre,Linus).  On  a  beau s'évertuer,  la  chaîne des  papes «n'accroche
     pas» dansle N.T. Aussi bien, Pierre, pendant sa carrière apostolique, a si peusongé à
     réclamer  pour lui  l'autorité  législative,  la  maîtrise  de lapensée et  le  droit  de
      commander,  que nous pouvons constater,  encomparant la  théologie  de  sa  grande

     épître à celle de ses premiersdiscours dans les Actes, combien la pensée de Paul avait
     agi sur lui.Et quand  il en vient dans sa lettre  à donner, lui, le vieux pasteur,des
     recommandations suprêmes aux anciens, il ne le fait pas commeprince de l'Église et

     chef responsable de ses conducteurs, mais toutsimplement comme un chrétien qui a
     l'expérience du ministère, qui aété témoin des souffrances de Christ et qui aura part à
     la gloireréservée à tous les fidèles. Il met les autres sur le même pied quelui (1Pi 5:1,8).
     Pour Pierre il n'y a qu'un seul souverainpasteur: Jésus-Christ (1Pi 5:4). Voilà les textes
     et les faits du N.T. Si nous avions à faire icide l'histoire ecclésiastique, il nous serait

     facile de montrercombien l'Église romaine s'est progressivement écartée
     del'enseignement évangélique, ne retenant des textes et des faits quece qui pouvait,
     une fois isolé de l'ensemble, être interprété d'unefaçon  favorable à l'organisation

     impérialiste qu'elle s'est donnéepar ses conciles. Le concile du Vatican (1869-1870) a
     couronnél'édifice en proclamant l'infaillibilité  du pape. Le concile deTrente (1545-
    1563), d'où est sortie proprement la constitution del'Eglise romaine en opposition à la
     Réforme évangélique, avaitpréparé le terrain au dogme de l'infaillibilité, en établissant
     unvaste ensemble de législation canonique condamnant Luther et jetantl'anathème à

     quiconque ne reconnaît pas dans le souverain pontife deRome le chef des prêtres,
     lesquels sont les seuls ministres del'absolution. Plus on recule dans le temps et moins
     l'autorité du prétendusuccesseur de saint Pierre est article de foi. Au conciled'Aix-la-
    Chapelle (809), on discute à nouveau la question du filiogue ; le concile de Francfort

     (694) rejette la doctrine duconcile de Nicée sur l'adoration des images. En 681, le
     concile deConstantinople n'hésite pas à condamner comme hérétique le paperomain
     Honorius (jusqu'au  XIe siècle et à Grégoire VII, le nom depape, grec  pappas  =père,
      était  donné à tous les  évêques).L'Église du Moyen âge est  «une sorte  de république

     aristocratique»fondée sur l'égalité dans l'épiscopat du pape et des évêques(Rouffet). Au
     IV e siècle  divers  conciles discutent les  décisions duconcile de Nicée,  les  uns se
     prononçant pour Athanase, les autress'estimant libres de se prononcer contre lui. Plus
     on va versl'origine et plus la primauté de Rome, rejetée par toute une partiedu monde

     chrétien, se discute, se cherche, s'estompe. Le primusinter paves, situation dont jouit
     en Occident l'évêque romain,achève de s'effacer quand on atteint les premiers siècles;
     et quandon touche au siècle de Jésus, la primauté de Pierre lui-même s'estévanouie
     dans  la démocratie fraternelle des rachetés de Jésus-Christ.  On ne saurait assez

     déplorer qu'une Église aussi nombreuse quel'Église catholique romaine, qui renferme
      par ailleurs  de si  hautesvertus d'obéissance et  d'adoration, se soit  constituée sans
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