Page 1642 - dictionnaire westphal
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COLÈRE
    Il  faut  distinguer  entre  la  colère  de  l'homme  et  la  colère  de  Dieu.  1.  L'expression:
     colère de Dieu évoque la juste indignation du Dieu saint contre le péché et

     lamanifestation  de sa justice  rétributive  qui punit le pécheur obstiné.«La colère de
     Dieu  n'est pas une perturbation de son esprit,  mais  unjugement par lequel  le
     châtiment est prononcé sur le péché.» (StAugustin. Celui-ci n'aimait pas le terme furor

     appliqué à Dieupar la Vulgate, et il préférait indi-gnatio, la «fureur», dit-il,étant plutôt
     le  fait  d'esprits malades.)  Dans les  religionssémitiques,  la  colère  de la  divinité  était
     considérée commeinexplicable, arbitraire, capricieuse, et on pouvait l'apaiser pardes
     moyens sans rapport avec la justice; en Israël et dans la Bible,tout l'accent est mis sur
     le caractère moral de Dieu et de sa colère,qui est une  haine irréductible contre le

     péché. Élie est proclamée entermes d'un réalisme  terrifiant:  la fumée sort de ses
     narines et lefeu de sa bouche (2Sa 22:9,Ps 18:9,Esa 30:27), il rugit comme unlion (Am,
     1:2), écrase comme un char (Am 2:13), transperce deses flèches (La 3:12 et suivants),

     frappe de sa main (Esa5:25), foule aux pieds comme on presse le raisin à lavendange
     (Esa 63:3,8), verse le «vin de sa colère» qui enivre dedouleur (Ps 75:9,Esa 51:17), fait
     boire la coupe de désolationet de ruine (Eze 23:32 et suivant, cf. Ap 14:9 16:1919:15).
     Catastrophes, guerres, épidémies, morts soudaines,épreuves  de tous genres sont

     considérées comme des manifestations dela colère de Dieu, des «jours de sa colère» (La
     1:12 2:1,21 etsuivant, Job 20:28,Pr 11:4,Esa 13:13,Eze 7). De plus, il y auraun grand
     jour de la colère, où Dieu prononcera un jugement définitifsur toutes les nations (Sop

     1:14-18 2 cf Ro 2:5 Ap 6:16  etsuivant).  «Toute la terre sera dévorée par le feu de
      mafureur.»  (Sop 3:8).  Certains  textes  donnent l'impression  que la  colère  de Dieu
     estirrationnelle, d'une violence aveugle, excessive (1Sa 6:19 etsuivant, 2Sa 6:6 24:1,No
     17:13,Le 10:6,Ps 90:11,Jer 10:24). Maismalgré cet élément de mystère redoutable, elle

     a et prend toujoursplus, dans les écrits  prophétiques, un caractère foncièrement
     moral.Élie est comme l'éclair que lance la sainteté divine en face dupéché. Les yeux de
     Dieu  sont trop purs pour voir le  mal  (Hab1:13,Ps 5:5  et suivant); c'est pourquoi «sa

     colère est prompte às'enflammer» (Ps 2:12) contre ceux qui s'opposent à savolonté (Ex
     4:14 15:7),  contre l'idolâtrie  (Ex 32:10,De  6:159:19 29:17-20), contre les
     désobéissances, les révoltes, lesingratitudes (No 11:1-10 16:31-35), les infidélités
     (1Ro11:9,2Ch 19:2 25:15 34:25), l'iniquité (Ex 22:23 et suivant,Esa 10:1-4, etc.). Cette

     juste colère explique les grandesépreuves  qui jalonnent l'histoire sainte (De 32:15-
    43,Ps 78), enparticulier la chute de Samarie et de Jérusalem (2Ro 17:17-20).  «Je
     supporterai le courroux de l'Éternel, puisque j'ai péchécontre lui.» (Mic 7:9, cf. Ps 6:2
     38:2 90:7-9). Lesentiment de culpabilité est éveillé par la colère de Dieu. De là lebesoin

     d'expiation et le rôle  que jouent les sacrifices  etl'intercession pour apaiser la colère
     divine (Job 42:7 etsuivant, cf. Ge 18:23-33,Ex 32:11-14,No 25:10-13,Eze 22:30 etsuivant,
     Jer 5:1,Esa 65:8). Mais les sacrifices  ne suffisentpas (Esa 1:10,17) et les meilleurs
     `intercesseurs sont parfoisimpuissants  (Jer  15:1).  Il  faut  que le  juste  aille  jusqu'à
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