Page 1493 - dictionnaire westphal
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CHARPENTIER
    Pour ce métier en Palestine,voir Arts et métiers. Nous nous en tenonsici à la question
     de la profession de Joseph et,  par suite,  de Jésus.D'après Mr 6:3, lorsque Jésus

      prêche dans la  synagogue deNazareth,  ses  compatriotes  disent:  «N'est-ce  pas le
      charpentier,  lefils  de  Marie?»  D'après le  parallèle  Mt  13:55: «N'est-ce  pas lefils  du
     charpentier, et sa mère ne s'appelle-t-elle  pas Marie?»  On aconclu de ce

      rapprochement  que Joseph dut  mourir  de  bonne heure,  et«le  fils  du charpentier»
     devenir assez tôt «le charpentier».  Cette hypothèse est extrêmement probable, et
     généralement admise.Toutefois il n'est nullement impossible que le rédacteur final
     del'évangile selon saint Matth. ait jugé plus respectueux envers leSeigneur de ne pas le
     désigner par un titre  de travailleur  manuel;cette  idée a même,  déjà dans de très

      anciens manuscrits,  faitcorriger  par des scribes  l'expression de Marc  pour la
      conformer  à  cellede  Matthieu  Ainsi  Origène  (Contre Celse,  6:36) dit que «nulle part
     dansles évangile employés par les Églises, Jésus lui-même n'est appelécharpentier».

      Au contraire,  Justin Martyr  (Dial.  Tryph.,  88)avait  dit  que «lorsqu'il  fut  parmi  les
     hommes, il travailla commecharpentier, fabriquant jougs et charrues, enseignant par
     là lessignes de la justice et recommandant la vie d'activité».  Et l'onraconte cette
     anecdote à propos de Libanius, sophiste païen,contemporain de Julien l'Apostat qu'il
     admirait beaucoup: comme ildemandait à un chrétien ce que faisait donc maintenant

      lecharpentier,  la  réponse fut:  «Il  fabrique  un cercueil...»  et  lanouvelle  de la  mort  de
     Julien serait survenue peu de temps après. Quant à la nature même de la profession
     désignée dans ces textespar le grec tektôn, c'est certainement une limitation tropétroite

     qu'en donne la traduction charpentier. Comme le latin faber qu'emploie Jérôme dans
      la  Vulgate,  et  comme l'hébreu  hôsêh  auquel il correspond, le terme  tektôn  désigne
     unconstructeur en général (comp. architecte), métier qui dans lesvillages palestiniens
     comportait beaucoup plus de travaux demaçonnerie et probablement de forge que de
     charpente et  demenuiserie;  de plus,  les  maçons sont encore aujourd'hui nombreux

     aBethléhem, d'où ils vont travailler en diverses villes pendant toutela belle saison; on
     peut admettre que tel était le cas de Joseph,qui, originaire de Bethléhem (Lu 2:4), finit
     par s'établir àNazareth (Mt 2:22). On a remarqué que si les allusions de Jésusau
     travail du bois sont très rares (Mt 7:3,5,Lu 23:31), cellesqu'il fait au travail de la pierre

     sont plus nombreuses: (Mt 7:2416:18 21:33,Lu 14:28,30 20:17; et, parmi les Agrapha
     [v. ce mot)«Ote la pierre, et là tu me trouveras; fends le bois, et je suislà!»). Pour cette
     conception fort  probable du «constructeur»,voirSchneller,  Connais-tu...,  ch.  I;  A.
     Westphal, N. d'aprèsTém., II, p. 121SS; Dalman, Itin., pp. 103-106, s'en tientplutôt à la

      notion traditionnelle.  Un  passage  apocryphe curieux  (Sir  38:24-34)  déclare  letravail
     manuel incompatible avec l'étude et la piété: «...Celui  quin'a  pas d'occupation
     s'instruit. Comment pourrait s'instruire celuiqui tient la charrue? Tel est le cas de tous
     les artisans et constructeurs, qui travaillent nuit et jour...Sans eux, on nepourrait bâtir

     de ville...Mais ils ne se distinguent pas dansl'assemblée, ils sont incapables d'énoncer
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