Page 1476 - dictionnaire westphal
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joiespéciale  aux notes hautes et  tous les  chants reçoivent  la  même  teintesombre.  Il

     faut,  au contraire,  consacrer tous les  tons et  toutes lesnotes au Créateur  de toutes
     choses, ce qui n'est possible qu'avec lesquatre voix. 4. Le style varie, selon qu'on prend
     un Psaume huguenot; un choral duXVI e siècle,  avec les rythmes irréguliers,
     audacieux, de cetteépoque; un choral grave, dogmatique, du XVII e; un air mystique
     despiétistes du XVIII e; un cantique des «réveils» des XIX e et XX e. Iln'y a pas de style

     uniforme, parce qu'il n'y a pas de répertoireprivilégié  ou honni: tout est bien qui
     exprime un sentiment vrai àun moment vrai de l'année (un choral de Pâques, à Noël,
     sonne faux)ou de la liturgie («C'est dans la paix», Paris 110, Lfr 129, au débutdu culte;

     «Seigneur dirige tous mes pas», Paris 153, Lfr 138, dansune fête joyeuse; «Reste avec
     nous, le jour décline», Paris 243, Lfr142, au début du culte du matin, etc.). Et tout est
      bien qui  estchanté avec conviction  personnelle.  C'est  le  privilège  d'uneassemblée de
      croyants  de  chanter des paroles  de  foi.  Autre  est  leculte,  célébré  par  des  croyants,
     autre est le concert, exécuté devantune assistance et sans son concours. Faire venir

     au culte un artisted'opéra qui, hier, chantait Don Juan et demain chantera Méphisto,
     etlui donner aujourd'hui un air du Messie de Hoendel, c'est créer unscandale. Mieux
     vaut se passer du soliste en renom et prendre, ou unair plus simple, ou un unisson de

     bonnes voix moyennes (Berlioz).L'Église protestante a trop peu demandé les services
      d'artistespieux;  elle  devrait  veiller  sur leur  formation  et  leur  offrir  uneplace dans la
     liturgie. Mais les solistes ne pourront jamaisremplacer l'assemblée, dont ils sont les
     délégués occasionnels. Le«choeur», même composé de croyants, ne saurait à lui seul
     assumer lapart de l'harmonie, et ne laisser à l'assemblée que la mélodie. Lechoeur a

     pour tâche de chanter tel cantique trop difficile pour lesfidèles, et de soutenir ceux-ci
     dans leurs propres cantiques. 5. Un dernier mot concerne le devoir d'élargir sans cesse
     le répertoireordinaire, de peur d'usure. Il faut étudier le psautier comme laBible, de
     telle sorte qu'il devienne familier  à tous, texte etmusique. Tous les avis contre les

     quatre voix et en faveur del'unisson viennent d'un défaitisme inconscient; on accepte
     la loi dumoindre effort, on renonce à l'excellence pour l'assemblée. C'est unretour au
     cléricalisme, qui néglige les simples et ennoblit unecatégorie de privilégiés, choristes et
     solistes. Demander beaucoup detous, avec persévérance; ne laisser inemployé aucun

     don d'aucunfidèle; mettre l'idéal très haut, et le faire désirer de tous, c'est,en matière
     de chant d'église, la même discipline que pour l'ensemblede la morale. Chaque
      paroisse a  donc ses  exercices  de chant, continuset non seulement  avant une fête,
     comme elle  a ses cultes réguliers,l'un  soutenant l'autre,  et  le  trésor  des chants

     grandissant commecelui de la foi, de l'espérance et de la charité, pour tous et
     pourchacun. Il  surfit  pour cela  de faire  nôtre la  prière  de BénédictPictet  (1706):  «Je
     prie le Seigneur qu'il nous apprenne à chanter seslouanges sur la terre, jusqu'à ce que
     nous les chantions dans leciel.»  Voir Culte,  Liturgie,  Psaumes, Instruments de

     musique. L. M.-S.
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