Page 1474 - dictionnaire westphal
P. 1474

conjugal, dans sa maison désolée où l'on ne chante plus. Osentrevoit le temps où son

     épouse, rentrée en grâce, «chantera commeaux premiers temps de leur union» (Os
     2:15). Mais comme dansTyr (Eze 26:13), dans Jérusalem assiégée (La 5:14) il n'y aplus
     de chants. Dans Esa  16:10, même description; et le Ps137:4  montre les exilés
     incapables de chanter devant leursvainqueurs les chants de la patrie perdue; n'est-il
     pas descas (2Sa 19:35,Pr 25:20) où le chant est plus qu'intempestif?Et, d'autre part,

     Jésus décrit la morne apathie de sescontemporains (Mt 11:17) comme un état dans
     lequel ils neveulent ni jouir de la vie avec lui, ni chanter des complaintesfunèbres avec
     Jean-Baptiste...Tant de chanteurs et chanteusesprofessionnels (2Sa 19:25,Ec 2:8 etc.)

     avaient ôté de sa valeurau chant personnel! 3. L'histoire du chant montre un progrès
     certain, dont on aurait tort dene pas tenir compte aujourd'hui. Physiologiquement la
     voix des hommesdiffère de celle des femmes.--A.  Il  en résulte  que des hommes
     chantant entre eux (théâtredes Grecs,  couvents, casernes, chorales d'hommes,
      réunions  d'Unionschrétiennes)  ont  pratiqué  l'unisson.  Lorsqu'un ténor  et  une

     bassechantent une même note, celle-ci a la même valeur tonale, peudifférente de celle
     que donneraient deux  ténors ou deux  basses. Il enest de même si des femmes
     chantent entre elles, ou des enfants entreeux. Il y a une grande force dans l'unisson

     vrai (entre voix de mêmetimbre); il fond les médiocrités; il permet d'apprendre un air
     en peude temps. Mais pourquoi n'en trouve-t-on pas un exemple dansGoudimel, et n'y
     en a-t-il  que très peu dans Bach? Celui-ci  ne s'ensert que pour souligner un mot
     important: l'effet puissant est dû àsa rareté; user continuellement de ce procédé, c'est
     en détruire lavertu et s'appauvrir (Scudo). On croit recommander l'emploi del'unisson

     en disant qu'il est d'une exécution facile. Cela est vraientre hommes ou entre femmes.
     Mais, dès que le  choeur est mixte,  ladifficulté  surgit,  parce que des hommes et des
     femmes, qui chantentune  note identique pour  les yeux, en font deux  en réalité,
      àl'octave.  Or  l'exactitude d'une octave est  ardue à soutenir:  on levoit  sans peine en

      prenant  deux violons;  combien  plus  avec les  voixhumaines,  moins  précises  qu'un
     instrument! L'unisson de voix d'hommeset de femmes n'est bon qu'en masse, et avec le
     soutien d'orgue oud'orchestre puissant.--B. Les données physiologiques sont là pour
     qu'on s'enserve. Les voix d'hommes se divisent en hautes (ténor) et basses;celles des

      femmes  aussi  (soprano,  alto).  Cela  fait  quatre sortes  devoix  moyennes. Le  choeur
     mixte, qui laisse chaque voix à sa placenaturelle est, en réalité, le plus aisé à soutenir.
     Il est le termed'une évolution qui remonte au plus haut Moyen âge. Il est accessibleau
     plus petit nombre de chanteurs, et il supporte d'être employé pardes masses; il peut

     utiliser l'unisson  momentané des hommes seuls,des femmes seules et des deux
      réunis,  mais  il  reste  l'ordre  vocal  parexcellence.  Si,  dans le  culte,  on a  souvent
     recommandé l'unisson, c'est qu'ona  cédé à la pression de moeurs anciennes, sans
     autorité actuelle.Pourquoi, parce que les moines, au couvent, et les prêtres, a lamesse,

     chantent à l'unisson, nous faudrait-il y condamner les laïcs,parmi lesquels on compte
     quelques femmes  (!), à subir un régime  quine convient qu'aux hommes, et  dans un
   1469   1470   1471   1472   1473   1474   1475   1476   1477   1478   1479