Page 1523 - dictionnaire westphal
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CHEOL ou SCHEOL
    Équivalent sémitique de la conception classique de l'  Hadès,  etque nos versions
      françaises  rendent habituellement  par «séjour  desmorts».  L'origine du mot  cheol  est

     douteuse; il semble bien que ce termedérive de l'assyr., soit de la rac. chaal (=consulter
      un oracle),soit  de  chilu  (=chambre);  ce  dernier  mot  d'ailleurs  a  quelquerapport avec
     l'idée d'un trou, d'un puits profond, idée qui seretrouve dans la conception hébraïque

     du cheol (Job 11:8 26:6,De32:22,Ps 86:13 88:7). Quoi qu'il en soit,  le cheol est le
     lieusouterrain où vivent les ombres des morts; l'ancienne coutumesémitique de brûler
     les corps d'une même famille  dans une tombecommune a pu enrichir également la
     signification de ce mot. Les Hébreux n'ayant jamais élaboré une doctrine complète
     etsystématique de la vie future, on a quelque peine à reconstituerl'idée qu'ils se sont

     faite du cheol. Dans cette demeure souterrainela vie se poursuit, mais les distinctions
     terrestres sont supprimées,même les différences morales (Job 3:17,19); c'est un pays
     deténèbres (Job 30:23 10:21), où tout est silence, où l'on s'étenddans la poussière (Job

     17:16 20:11 21:26,Ps 30:10), d'où l'on nerevient pas (Job 7:10). Pourtant la possibilité
     de faireréapparaître les morts par les formules magiques de la nécromanciesemble
     avoir été une croyance assez générale (1Sa 28,Le 19:3120:8,De 18:11,Esa 8:19). La vie
     des morts dans le cheol est-elle consciente et active?rien de précis à ce sujet. (cf. Ps
     88:13 94:17 30:10,Eze 32:27)Le dernier passage donne plutôt l'impression d'une

     inactivitécomplète. Il semble même que du cheol les âmes ne puissent plusadresser de
     prières à l'Éternel (Ps 6:6), que Dieu soit absentde ce lieu de désolation. Lorsque toutes
     les espérances nationales furent déçues par ladestruction de Jérusalem et l'exil à

     Babylone, un individualismenouveau pénétra la piété; on se préoccupa davantage du
     sort de chaquehomme après sa mort. La dure doctrine de la rétribution individuellese
     révéla insuffisante; pour croire à la justice de Dieu, on futobligé de croire à des
     sanctions dans l'autre vie. Avant l'exil déjà, chez Amos (Am 9:2) et dans lePs 139:8, on
      voit  en  quelque sorte  Dieu  pénétrer  dans le  cheol.  Maisc'est  surtout  plus  tard  que

     l'idée d'un jugement après la mort sedéveloppe. Dans le livre d'Hénoch éthiopien (II e
     et I er siècle av. J.-C),le cheol est divisé en quatre parties, réservées respectivement
     auxmartyrs, aux justes qui ne furent pas martyrs, aux pécheurs ayantvécu dans la
     prospérité, et aux pécheurs déjà punis sur cette terre.Le sort des âmes varie suivant

     les catégories, allant de l'extrêmefélicité  jusqu'à la perte de l'espoir même d'une
     résurrection,  pourles plus coupables; les âmes versées dans la 3 e section
     seront«tuées» au jour du jugement, sans qu'on puisse bien comprendre ce quel'auteur
     entend par ce genre de mort. D'ailleurs rien ne prouve quecette division du cheol en

     quatre parties ait jamais été admise partout le monde. Au contraire, il semble probable
      qu'on se  soit  borné àdiviser  le  cheol en deux parties:  le  séjour  des bénis  et  celui
     desmaudits. Puis, sous l'influence du pharisaïsme, la pensée juive aprécisé: on en vint
     à affirmer  qu'au jour de la  résurrection quiprécédera le  jugement,  les  ombres des

     justes sortiront du cheol,qu'elles recevront un corps, et monteront ainsi dans le ciel.
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