Page 1712 - dictionnaire westphal
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CORBEAU
    L'hébreu  ôreb  est  certainement  un nom générique s'appliquant àtous les  Corvidés,
     nombreux en Palestine: on y compte huit espèces dugenre  corvus  ;  et  nous voyons

      «toutes  les  espèces de  corbeaux»comprises dans l'interdiction  de  manger cet  oiseau,
      déclaréimpur  (Le  11:15,De  14:14).  Très carnassières en effet,  elles  se nourrissent
     toutes dereptiles ou de rongeurs, et presque toutes éventuellement de corpsmorts.

     Dans le poème caldéen du Déluge (voir ce mot), par Guilgamès,l'homme lâche de son
     vaisseau successivement une colombe, unehirondelle et un corbeau; seul celui-ci ne
      revient  pas,  comme  dans lerécit  biblique  (Ge  8:7),  et  il  est  précisé  qu' «il  croassa
     etmangea...» évidemment des charognes sur les eaux. Chez les Grecs, était proverbiale
      la  locution:  «être  jeté  auxcorbeaux». On  prétend même,  D'après  les  observations  de

      certainsbergers,  que ces  oiseaux voraces  attaquent quelques  fois  les  bêtesjeunes ou
     malades en leur crevant les  yeux, ce qui expliquerait  Pr30:17. Ce  passage place les
     corbeaux au torrent: comme presque tousles animaux des déserts brûlés (Esa 34:11),

      ils  se  massentvolontiers  dans les  défilés  des ouâdi,  dont les  falaises  leur  offrentdes
     grottes pour nicher; c'est là que se situe l'histoired'Élie (1Ro 17:4,6) providentiellement
     nourri grâce à l'instinctpillard de l'oiseau qui, encore aujourd'hui,  dérobe des
     provisionsaux habitations voisines ou aux caravanes de passage.  Les idoles  sont
     comparées, pour leur impuissance, aux corneillesqui volent entre ciel et terre. (Lettre

     de Jérémie 54) Les principales espèces de corbeaux sont remarquables pour lanoirceur
     de leur plumage; la Sunamite lui compare les beaux cheveuxde  son bien-aimé (Ca
     5:11); mais cette couleur sombre, jointe àses moeurs rapaces et souvent répugnantes,

      a contribué à en faire  unoiseau de mauvais augure pour les  gens superstitieux.  Le
     Talmud dit:«Le corbeau, le chien et le Couchite (nègre) seront noirs à cause deleurs
     méfaits.» (Traité Sanhédr.). Buffon constate: «Partout on met le corbeau au nombre des
      oiseauxsinistres,  qui  n'ont le  pressentiment  de l'avenir  que pour annoncerdes
      malheurs.»  Les croyants ont  pourtant su voir  en lui  un exempleinstructif  de  la

     Providence divine (Job 39:3,Ps 147:9), confirmépar Jésus lui-même (Lu 12:24). Jn L.
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