Page 941 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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— Voir: les Prolég, de Pott sur cette épître, l'Introduction de Hug (traduction par Cellérier), et l'opuscule
d'Olshausen, Preuves de l'auth, des écrits du canon du Nouveau Testament, Hambourg 1832.
À ces arguments on oppose:
1.
que cette épître n'a été connue que tard, Eusèbe étant le plus ancien témoignage direct, la
Peschito ne comprenant pas cette épître, Origène et saint Jérôme exprimant des doutes sur son
authenticité. Mais des circonstances, à nous connues ou inconnues, ont pu en empêcher la circulation; une
publicité retardée, voilà tout ce que l'on peut conclure de ce demi-silence: l'argument tiré de la Peschito
ne prouve pas plus contre 2 Pierre qu'il ne prouve contre Jude, ni contre 2 et 3 Jean, épîtres qui ont peu
circulé et que la version syriaque n'a pas connues. Écrite peu avant la mort de Pierre, au milieu des
troubles de la persécution de Néron, à des églises de l'Orient, cette épître a pu être pendant un temps
cachée et oubliée: à sa réapparition elle a pu rencontrer quelques doutes, parce qu'au milieu des
nombreux écrits apocryphes qui se publiaient sous le nom de Pierre, les églises se tenaient sur leurs
gardes pour n'être pas trompées. On peut voir d'ailleurs, par 1 Thessaloniciens 5:27, que la publicité
donnée aux lettres des apôtres n'était pas une chose qui allât sans dire, puisque saint Paul doit conjurer
les anciens, au nom du Seigneur, de faire lire sa lettre à tous les frères.
2.
On insiste sur la différence de style qu'on trouve entre les deux épîtres du même apôtre. À cette
différence on peut opposer au contraire beaucoup de ressemblance, et l'objection se trouve
contrebalancée. Mais, en outre, il faut observer que le langage et le style ne peuvent pas porter un
caractère très prononcé dans une lettre qui n'est pas composée avec un soin rhétorique, écrite quelques
années plus tard, dans un autre endroit, en des circonstances fort différentes, au milieu de la persécution,
avec l'empressement et la hâte que provoque toujours un danger imminent, dans une langue qui n'était
pas la langue maternelle de l'auteur. La différence de sujet doit surtout être prise en considération; dans
la première lettre on voit des exhortations douces et paternelles pour engager les chrétiens à supporter
patiemment les épreuves; dans la deuxième, c'est un langage ferme contre les hommes qui corrompent le
christianisme. Olshausen ajoute que l'apôtre a peut-être dicté seulement les idées de sa lettre, sans en
dicter les expressions.
3.
On invoque contre l'authenticité les rapports intimes, et l'affinité remarquable qui se trouvent
entre le 2e chapitre de, notre épître, et l'Épître de Jude. Cette dernière portant des caractères assez
évidents de priorité, on se demande s'il est possible et probable que Pierre ait fait un emprunt aussi
considérable aux écrits d'un autre apôtre. Il y a plusieurs réponses à faire à cette objection. Olshausen
d'abord ne craint pas de supposer, et cela se rapporte aux deux épîtres de Pierre, que l'apôtre, âgé, et
n'ayant pas beaucoup de facilité pour s'exprimer en grec, aimait à se servir des phrases et des expressions
allant à son but qui pouvaient se trouver dans d'autres écrits, et cela d'autant plus que le style chrétien
grec était une chose toute nouvelle, qui n'avait pris naissance qu'à une époque où l'apôtre était déjà
avancé en âge, et où le chemin frayé par saint Paul lui paraissait plus naturel à suivre. Ces considérations
peuvent avoir de la valeur, mais elle ne suffisent cependant pas pour rendre compte de la connexion de
forme et d'idées qu'il y a entre les deux épîtres qui nous occupent. Il faut supposer qu'avant qu'elles
fussent composées, il y avait eu des rapports intimes soit entre les deux apôtres, soit entre les lecteurs des
deux épîtres, ou peut-être les deux choses ensemble. Dans le premier cas, Pierre avait parlé à Jude et lui
avait communiqué ses idées avant que ce dernier eût composé son épître; Jude, en écrivant, a développé
les idées qui avaient fait le sujet de leurs entretiens, et Pierre, en écrivant plus tard sa 2e épître, se sera
servi pour rendre ses idées, des expressions dont Jude les avait revêtues. Dans le second cas, Jude aurait
écrit une lettre qui aurait été mal reçue, et Pierre, écrivant aux mêmes lecteurs, aurait indirectement
soutenu l'autorité de Jude, en faisant passer dans sa lettre le contenu de celle de son collègue. Et si
l'affinité des deux épîtres est le résultat d'une sympathie et d'une coopération apostolique et fraternelle,
on ne peut voir dans l'emprunt fait de l'un à l'autre, rien qui soit indigne ni de l'activité, ni de l'humilité
d'un apôtre: or cette coopération non seulement est possible, mais elle est probable, entre des apôtres qui
avaient visité les mêmes Églises.
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