Page 1095 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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chez quelques-uns, elle resta une science selon Dieu. Quelque défaveur qui s'attache au nom de scribe, il
y eut des scribes pieux et respectables; ils se mirent à enseigner le peuple, et l'on trouve déjà, Ecclésiaste
12:11, une allusion à des écoles de ce genre. La sagesse se manifestait sous la forme de proverbes,
d'énigmes, Proverbes 1:6, de poèmes sentencieux, tels que Job, les Proverbes, l'Ecclésiaste, et un certain
nombre de Psaumes; ce sont des considérations générales sur la vie, les leçons de l'expérience reproduites
par l'imagination, d'une manière courte, saillante et facile à retenir. La crainte de l'Éternel était le
principal de la sagesse; mais, peu à peu, le principal se déplaça, et les sages commencèrent à faire de
l'esprit en épiloguant sur la lettre. On les reconnaît toujours là.
Du temps de Jésus, les scribes portaient aussi le titre de docteurs de la loi: c'est même le nom que leur
donnent le plus ordinairement Luc et Paul. Ils sont fréquemment nommés à côté des pharisiens, Matthieu
5:20; 12:38; 15:1; 23:2. Quelques-uns d'entre eux étaient réellement pharisiens, Actes 23:9; d'autres étaient
sadducéens, Marc 12:28, et il ressort de la comparaison de ces deux passages que les scribes étaient les
savants des partis, mais qu'ils n'en constituaient pas un à eux seuls. On les voit en relation avec le
souverain sacrificateur, Matthieu 21:15; 27:41,
— Voir: aussi Sanhédrin.
Ce corps célèbre se composait du souverain sacrificateur et de pharisiens, au nombre desquels on
comptait des scribes. Ces trois puissances étaient liguées contre le Sauveur du monde; les scribes, pour
leur part, l'observaient pour avoir l'occasion de l'accuser et de le faire condamner, Luc 6:7; 11:54,
commentaient publiquement ses discours, blâmaient ses actes, décriaient ses mœurs, cherchaient à le
surprendre par des questions artificieusement posées, et à le mettre dans l'embarras, Matthieu 9:3; 12:38;
22:38; Luc 5:30; 10:25,11,53; 15:2; 20:21, mais le Seigneur leur fermait la bouche, et sa pure intelligence, la
divinité de sa morale, lui dictaient des réponses qui les contraignaient de se retirer contus. Les scribes,
plus aigris sans doute du ridicule qui rejaillissait sur eux dans ces luttes inutiles, que zélés pour la défense
des dogmes juifs ou de leur propre incrédulité, jurèrent sa mort, Luc 20:19; ce fut le seul argument qui
leur réussit. Quant à leur position officielle, on voit, par plusieurs passages, que Jésus même leur
reconnaissait une sorte d'autorité légale, Matthieu 23:2; ils veillaient de concert avec les pharisiens et les
principaux sacrificateurs, aux observances de la loi, faisaient la police du temple et des synagogues,
Matthieu 15:1; Luc 20:1; Actes 6:11, et réclamaient du peuple de grandes marques de respect, Luc 20:46.
On trouvait des scribes jusqu'en Galilée, Luc 5:17, d'où il ressort que leur activité ne se bornait pas à
Jérusalem seulement, mais s'étendait à tout le pays; d'après Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 18, 3, 5,
il y avait des docteurs de la loi même à Rome.
Les scribes étaient ainsi les savants du judaïsme, les docteurs, les professeurs de théologie, et en cette
qualité ils formaient une espèce de caste avec des intérêts communs. La loi de Dieu étant le centre de
toute science juive, le trésor de la vérité, le palladium de leur nationalité, surtout depuis l'exil, c'est
comme docteurs de la loi que les scribes se distinguaient surtout, et c'est dans ce sens qu'Esdras est
appelé scribe. La loi ayant un côté religieux et un côté civil ou politique, l'éducation des scribes était à
moitié théologique, à moitié juridique, et l'étude théorique et pratique de la loi était le champ, le vaste
champ, sur lequel ils s'exerçaient avec leurs interprétations allégoriques ou les élucubrations de leur
casuistique appropriée à tous les cas et à tous les besoins de la vie. Mais si l'on se rappelle les observances
nombreuses et diverses, et les traditions nouvelles qui surgirent après l'exil, et qui, du temps de notre
Seigneur, étaient généralement crues et admises même des savants, on comprendra quelle a dû être
l'élasticité de leur exégèse, et par quel procédé ils réussirent à trouver dans la loi ce qui ne s'y trouvait
pas. Ils surent de cette manière se rendre précieux, non seulement à cause de la profondeur de leurs
aperçus théologiques, mais aussi par le droit qu'ils avaient de résoudre les difficultés pratiques, et de
décider des cas de conscience.
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