Page 1094 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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SCORPION,
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mauvais petit insecte des climats chauds, particulier à l'Orient, mais bien connu partout pour le danger
mortel que présentent ses piqûres. Il en est parlé dans la Bible, tantôt dans le sens matériel du mot, tantôt
d'une manière figurée pour représenter les méchants, Deutéronome 8:15; Ézéchiel 2:6; Luc 10:19; 11:12;
Apocalypse 9:3, etc. Le scorpion a beaucoup de rapports avec l'écrevisse des rivières, et n'est guère plus
petit; il se tient volontiers dans les lieux humides, sous les pierres, dans des caves, dans des trous de
murailles; dans les nuits d'été il se promène sur les escaliers et dans les rues. Sa tête et sa poitrine
semblent ne faire qu'un; son front est orné de deux grosses pinces, et de six ou huit yeux; de sa poitrine,
sortent huit jambes qui se divisent en six parties couvertes de poils, dont la dernière est munie d'un petit
ongle. Son ventre est une grosse queue composée de six anneaux qui sont liés comme des grains de
chapelet (Calmet); du dernier, sortent un et quelquefois deux aiguillons creux qui laissent échapper,
d'une glande sise à leur origine, un venin froid très acre qui pénètre dans la partie blessée; à moins d'un
prompt secours, une fièvre ardente conduit rapidement le malade à la mort. On dit que le meilleur
remède consiste à écraser immédiatement le scorpion sur la plaie; c'est qu'entre la piqûre et l'injection du
venin il se passe toujours un instant, quelque court qu'il soit, et la mort immédiate de l'animal peut
souvent l'empêcher de consommer ce dernier acte. On sait que les orties, froissées avec force, ne font
aucun mal, parce que la glande ne peut s'ouvrir; c'est peut-être le même fait qui se produit, quoique sous
une autre forme, dans ce qu'on appelle l'application du scorpion en emplâtre. Les scorpions d'Europe
(Italie) sont du reste innocents en comparaison du scorpion oriental, qu'on a appelé scorpio afer à cause
de sa couleur noir-suie. Il y avait beaucoup de scorpions en Palestine, notamment dans les montagnes de
Juda et dans les plaines du Jourdain, et c'est à leur abondance sans doute que cette contrée (de Sichem à
Sephna) a reçu le nom d'Acrabatène (de l'hébreu hakkrab) Flavius Josèphe, Guerre des Juifs 2, 12, etc.: de
même l'Acrabatène d'Idumée, 1 Maccabées 5:3, et enfin la montée des Scorpions, ou des Hakkrabbim,
q.v., à la frontière sud de la Palestine, Nombres 34:4; Josué 15:3; Juges 1:36.
— Les scorpions que nos versions ont rendus par écourgées, 1 Rois 12:11; 14:2 Chroniques 10:11; 14;
étaient une espèce de fouet ou de knout armé de pointes.
— L'instrument désigné 1 Maccabées 6:51; sous le nom de scorpion, était une machine de guerre avec
laquelle on lançait des flèches; elle est décrite par Tertullien.
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SCRIBE,
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en hébreu sopher, en grec γραμματεύς, littéralement écrivain. C'était, comme le doctorat de nos jours, une
espèce de titre d'honneur qui impliquait certaines connaissances, celle de la loi en particulier, mais qui
n'était pas incompatible avec d'autres fonctions d'une nature toute différente, et qui laissait les opinions
religieuses et la position ecclésiastique presque entièrement libres. Esdras est appelé scribe, Esdras 7:6,11.
Néhémie 8:4,9,13, Tsadoc de même, Néhémie 13:13. Ce mot se trouve deux fois Ésaïe 33:18; la première
fois, il désigne celui qui écrit (les impôts); la seconde, celui qui fait le compte des châteaux du pays,
espèce de commissaire des guerres. L'officier, chef de l'armée, qui tenait les rôles des soldats du pays,
Jérémie 52:25, est aussi un écrivain, un scribe, un sopher; quelques-uns ont pris ce nom de sopher pour le
nom propre de cet officier (Luther). Le titre de scribe donné à Esdras signifie un homme versé dans la
connaissance de la loi; c'était la philosophie de cette époque; depuis l'exil, tout le culte se réduisait à
l'observation de la loi, la conscience se mesurait à la loi pour le peuple; l'esprit s'en allait, les prophètes
s'en allaient, le canon se fermait, le culte perdait le prestige d'une splendeur terrestre, la nationalité ne se
rattachait plus au territoire, et tout concourait à relever la loi, à lui rendre sa majesté, à en faire l'objet
exclusif du respect des Juifs pieux; son étude fixa l'attention des sages, et la science remplaça la sagesse,
l'élude remplaça la philosophie. Cette science tourna, chez le grand nombre, à un puéril scolasticisme;
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