Page 939 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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Cambyse, roi de Perse, lors de la conquête de l'Égypte; mais on ne comprend pas pourquoi l'on irait
chercher cette petite station militaire au lieu de la grande Babylone. Celle-ci avait été ruinée en effet, mais
sa destruction n'avait pas été si complète qu'il n'y fût resté un certain nombre d'habitants. D'après Flavius
Josèphe, les chrétiens y avaient été persécutés, et vingt ans après l'époque fixée pour la composition de
cette lettre, la peste y avait fait encore des ravages terribles, surtout parmi les Juifs. Suivant plusieurs
auteurs (— Voir: Assemani), Babylone était encore habitée aux temps de Théodose le Grand, 379-395, et
selon Abulféda, il y avait encore au quatorzième siècle un bourg appelé Babel sur la place même de
l'ancienne Babylone. Tout concourt donc à prouver que Pierre, qui avait visité les Églises nommées au
commencement de son épître, et qui avait porté son activité jusque chez les Parthes, n'a pu désigner sous
le nom de Babylone que la ville généralement connue sous ce nom. («Celle qui est à Babylone, élue avec
vous», désigne, selon quelques-uns, l'Église de cette ville, selon d'autres, et c'est le plus probable, la
femme de l'apôtre, comme «Marc mon fils» se prend aussi dans son sens simple et littéral: non seulement
la tradition nous montre la femme de Pierre voyageant, avec lui, mais elle rapporte que Pierre lui-même a
conduit sa femme au martyre en lui parlant de la gloire à venir, Clem. Alex. Strom. 7, 11. § 63. Néander
regarde cette question comme décidée).
— Il est difficile de rien fixer sur la date de cette lettre; elle ne renferme aucun indice suffisant; la seule
hypothèse possible repose sur l'état général des églises auxquelles la lettre est adressée; ces églises sont
représentées comme existant déjà depuis un certain temps, et l'apôtre cherche à les préparer à de grandes
persécutions; on a cru pouvoir en conclure que la composition de cette lettre doit être placée entre 62 et
65.
— Les lecteurs de l'épître étaient, d'après Michaélis, des prosélytes juifs passés au christianisme, d'après
Steiger, des pagano-chrétiens, d'après Hensel et d'autres, des judéo-chrétiens; chacune de ces hypothèses
semble s'appuyer sur quelques versets, d'où il résulte que nous serons plus près, et de la vérité et de la
vraisemblance, si nous admettons que l'épître était adressée aux Églises telles qu'elles existaient,
composées des uns et des autres; il ressort cependant de 1:1, que c'étaient es judéo-chrétiens que l'apôtre
avait plus particulièrement en vue, comme le tronc sur lequel les autres chrétiens avaient été entés; ni
Pierre, ni Jacques ne regardaient l'alliance de Dieu avec Israël comme dissoute; ils estimaient que c'était
l'alliance fondamentale, et que les païens y entraient par le fait de leur conversion au christianisme.
— Quant au but et au contenu de l'épître, on voit qu'elle s'adresse aux chrétiens dans une époque où de
graves persécutions allaient éclater, où l'Église se trouvait à la veille d'événements sérieux, à la veille des
persécutions de Néron, de la destruction de Jérusalem, de la mort des apôtres. Saint Pierre rappelle aux
Églises que leur foi est bien fondée, que c'est dans la vraie foi qu'ils ont été instruits, 1:25; 5:12, puis, il les
exhorte à persévérer dans la sanctification, à rester fidèles même dans les persécutions, et à ne pas perdre
de vue la félicité à venir. Dans le premier chapitre, après la salutation et des exhortations qui se
rapportent à la vie intérieure, l'apôtre montre dans la foi en Christ le motif et le mobile de la
sanctification. Chapitre 2e. Exhortations relatives à la vie civile; les motifs en sont pris dans notre vocation
céleste et dans l'exemple de Christ. Les huit premiers versets du chapitre 3 renferment divers préceptes
sur la vie domestique. Jusqu'à la fin du chapitre 4 viennent des exhortations générales qui se rapportent à
la position des chrétiens vis-à-vis d'un monde persécuteur. Chapitre 5. La vie dans l'Église, et conclusion.
On a remarqué et exagéré plusieurs rapports qui se trouvent entre les épîtres de Pierre et celles de Paul et
de Jacques, mais il n'y a rien là qui ne s'explique très naturellement, soit parce que dans leurs citations les
apôtres se servaient souvent des Septante,
ce qui est impossible puisque la Septante parue seulement au 3ie
siècle avec Origène d’Alexandrie
; soit parce qu'ils ont eu connaissance des lettres les uns des autres; soit
parce que ces hommes de Dieu, intimement liés par une même foi, avaient eu fréquemment l'occasion de
s'entretenir des mêmes vérités.
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