Page 940 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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L'authenticité de cette épître n'a guère été contestée; la plupart des Pères la citent, la plupart des canons la
renferment. Les arguments intérieurs et extérieurs de De Wette, qui attaque presque toutes les
authenticités, ont ici encore moins de poids qu'ailleurs. Un passage obscur du canon de Muratori, l'appui
de Théodore de Mopsueste qui rejette toutes les épîtres catholiques, celui des Pauliciens, sont les seuls
témoignages que l'on puisse invoquer; ils ne sont pas considérables.
Deux commentaires distingués, à citer entre plusieurs autres, sur cette épître, sont celui de l'archevêque
Leighton de Glasgow, traduit et retouché en français par L. Bonnet, et celui de Steiger, en allemand,
— Voir: aussi Blunt, Méditations.
i.
2e Épître de saint Pierre. Adressée aux mêmes églises que la précédente, et dans les derniers
temps de la vie de l'apôtre, en 66 ou 67, cette lettre a pour but de fortifier les chrétiens contre la tiédeur et
le relâchement, contre les attaques des faux docteurs et contre les doutes qui naissaient chez plusieurs, de
ce que le retour du Seigneur sur la terre n'avait pas encore eu lieu. Au 1er chapitre l'apôtre exhorte, et
confirme la vérité de l'Évangile. Dans le 2e, il combat directement les faux docteurs, ou pour mieux dire,
les faux chrétiens. Dans le 3e, il parle de la venue de Christ, et exhorte les fidèles à ne pas se laisser
ébranler par des doutes à cause du retard de l'avènement de Christ. Il y a comme une gradation dans
cette épître; ce sont d'abord les doutes eu général que l'apôtre combat, puis il attaque les faux docteurs
qui, en flattant la chair, usent d'un redoutable moyen de séduction en disposant l'âme à douter; enfin il
combat les doutes sur un point particulier.
— Cette lettre avait une valeur de circonstance; l'apôtre parlait à ses contemporains d'une manière
conforme à leurs besoins et à leur position. Mais les maux et les périls contre lesquels il cherchait à armer
la foi des fidèles, sont ceux aussi qui ont ravagé l'Église de Christ dans les siècles suivants, et ses
exhortations ont quelque chose de prophétique. Cette épître est donc pour l'Église un héritage précieux
de l'apôtre mourant; ce sont les dernières paroles d'un homme qui a été l'une des colonnes de l'Église, de
Pierre qui marche au martyre. S'il est triste que des doutes se soient élevés sur la valeur de ce document,
il faut se rappeler que l'Apocalypse, qui renferme les paroles du Sauveur glorifié, n'a pas eu un meilleur
sort.
Si cette épître n'a pas été écrite par saint Pierre, dont le nom est inscrit au premier verset, elle est l'ouvrage
d'un imposteur; il ne s'agit donc plus de savoir si elle a été écrite par l'un ou l'autre des apôtres, mais si
elle l'a été par Simon Pierre, ou par un faussaire. La question est tout autre que celle que nous avons
examinée au sujet de l'Épître aux Hébreux; elle est de la dernière importance, mais on ne saurait ici la
traiter en détail, et nous devons nous borner à quelques observations et à l'examen des faits principaux.
Il n'y a pas contre cette épître de témoignages historiques directs, tels que serait celui d'un homme
distingué, ou celui de toute une Église. Personne n'a montré, ni dans les anciens temps, ni de nos jours,
qu'elle renfermât une doctrine ou même une expression contraire à la vérité, tandis que les Pères de
l'Église, en réfutant les écrits apocryphes de leur temps, ne manquent jamais de relever ce qu'il y a de
faux dans ces compositions supposées. On remarque au contraire, dans toute l'épître, une parole
vraiment apostolique. Et cet argument, déjà fort en lui-même, le devient davantage encore lorsqu'on
réfléchit que si ce n'est pas un apôtre, c'est un imposteur qui a dû parler ainsi, avec cette onction, cette
pureté d'une âme inspirée de Dieu. Un imposteur n'y aurait-il pas mêlé des erreurs, des hérésies plus ou
moins cachées, mais toujours apparentes. L'auteur de l'épître se donne à connaître en plusieurs passages,
1:1,16; 3:1,2,15, de la manière la plus claire, et l'analogie du langage entre la première et la deuxième
épître de Pierre, a toujours été remarquée,
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