Vater et Bohlen y voient au contraire deux traditions différentes sur l'origine d'une même peuplade;
Schrœder tient le milieu entre ces deux opinions, mais inclinant davantage vers la première: les Sabéens,
dit-il, ont dans cette table généalogique, un double élément d'origine, ils remontent par une fusion de
races à Cam et à Sem, et peut-être les uns à Cam, les autres à Sem, mais habitant le même territoire et ne
formant plus qu'un seul peuple, sinon une même famille. On ne doute pas qu'il ne s'agisse sous le nom de
Sheba, des célèbres Sabéens de l'Arabie Heureuse, habitant le nord de l'Yémen actuel, selon d'autres une
partie de l'Arabie méridionale, Joël 3:8; Psaumes 72:10; Jérémie 6:20. Leurs caravanes traversaient les
déserts, et portaient jusqu'aux ports marchands de la Méditerranée, les trésors de leur riche végétation et
de leurs précieuses mines, de l'or, des pierreries, des épices, de l'encens, de la casse, etc. Ézéchiel 27:22;
38:13; Job 6:19; Ésaïe 60:6. Cette peuplade riche et belle, la plus grande de l'Arabie, devait à ses richesses
la considération générale dont elle était entourée, et les parfums aromatiques de ses rivages donnaient
lieu aux récits les plus exagérés, aux légendes les plus fabuleuses. Ils faisaient le commerce de transit
entre l'Asie et l'Europe, et leurs caravanes allaient jusqu'en Syrie et en Mésopotamie; ils paraissent même
avoir été en relations d'affaires avec les Indes. Leur capitale, bâtie sur une colline, portait le nom de Sabas,
et resplendissait de palais et de temples aux colonnes plaquées d'or; des travaux d'art, gigantesques, et de
la plus haute antiquité, réunissaient au-dessus de la ville les eaux des montagnes voisines, et formaient
un lac artificiel dont les eaux, en s'écoulant par un nombre considérable de petits canaux, assuraient aux
jardins, aux prairies, et aux plantations d'arbres, une fertilité digne du paradis. Descendants de Cus, les
Sabéens, déjà grands, trouvèrent un nouvel élément de grandeur et de puissance dans leur fusion avec les
Sabéens joktanides, auxquels se joignirent plus tard encore, comme troisième élément d'une nationalité
qui grandissait en se mélangeant, les Sabéens issus d'Abraham et de Kétura. Ils paraissent avoir fait un
commerce d'esclaves, Joël 3:8.
La reine de Sheba qui visita Salomon, 1 Rois 10, était selon toute apparence originaire de cette contrée, et
c'est à tort que Flavius Josèphe la fait venir d'Éthiopie; les détails qui accompagnent le récit de sa visite
s'accordent mieux avec la première supposition qu'avec la seconde. Les Abyssins, du reste, ont accepté la
tradition de Flavius Josèphe comme donnant un certain lustre a leur histoire; ils ajoutent qu'elle se
nommait Maqueda, et qu'elle eut de Salomon un fils qui ressemblait tellement à son père que celui-ci,
jaloux, le renvoya; le jeune Menihélec emporta l'arche de l'alliance, qui l'aida un jour de sabbat à traverser
une rivière, et ce miracle le convertit (Gobât, p. 322); la reine elle-même aurait aussi embrassé le judaïsme.
Preiswerk, dans le cinquième volume du Morgenland, p. 50, voit dans Sheba et Dedan, les deux familles
principales de l'Inde, unies ou séparées par le Gange, et place Sheba à l'orient; cette opinion ne peut guère
se soutenir, quoiqu'elle ait aussi pour elle l'appui de Bohlen.
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SCEPTRE,
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bâton de bois de la hauteur d'un homme, que déjà les rois de l'antiquité portaient comme les insignes de
leur autorité, Amos 1:5; Zacharie 10:11; Ézéchiel 19:11; cf. Genèse 49:10; Nombres 24:17; Ésaïe 14:5, et
Iliad. 1, 234; 2, 183. D'après Flavius Josèphe ils emportaient même leur sceptre dans la tombe, vrai
symbole de la vanité des gloires et des puissances de ce monde, qui sont enterrées avec ceux qui en ont
joui sur la terre. La houlette du berger a peut-être donné naissance à l'idée du sceptre royal, car les
premiers rois ne furent que des princes nomades, cf. Psaumes 2:9, et le sceptre ne devait être en effet
qu'une houlette, l'emblème du gouvernement, de la direction. Il n'a pas lardé à devenir une verge.
D'après Diodore de Sicile, le sceptre des rois d'Égypte aurait rappelé par sa forme un instrument
d'agriculture, le grand bras de la charrue. Le sceptre d'Assuérus était d'or, ou plaqué d'or, Esther 4:11,
ainsi que celui de plusieurs rois absolus de l'antiquité, Iliad. 1, 15. Cyrop. 8, 7, 13. Strabon parle des autres
ornements dont le sceptre est susceptible, et qui étaient particulièrement recherchés des Orientaux.
Abaisser son sceptre était de la part d'un roi un acte de grâce, un signe de pardon; en baiser l'extrémité
était de la part d'un sujet, un acte de soumission et de dévouement, Esther 5:2. Saül, roi militaire, paraît
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